Carnet de course

01 juillet 2019

La course des héros (10 km), 23 juin 2019

Pour moi le Parc de Saint-Cloud a toujours été synonyme de Rock en Seine, festival de musique qu'autrefois je ne ratais pour rien au monde (mais ça c'était avant que les propriétaires ne changent et la programmation aussi…). Mais cette année ce ne sont pas les soirées d'automne qui m'attendent mais un (très) chaud matin de juin, car c'est de course à pied qu'il s'agit ! La "Course des héros". Ce n'est pas à proprement parler une compétition (je ne crois même pas que l'épreuve soit chronométrée (et on ne demande pas de certificat médical)), c'est plutôt un prétexte pour recueillir des fonds et des dons pour des associations caritatives, d'ailleurs la principale cible ce n'est pas les particuliers mais plutôt les entreprises qui, en échange de leur droits d'inscription peuvent ainsi faire un peu de team building pour leurs salariés qui participent.

Mais la particularité ultime, c'est surtout que… aujourd'hui ce n'est pas moi qui cours, mais ma chérie. Et pas qu'elle d'ailleurs, mais ça je ne le découvre que pendant la course.

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Une fois arrivés sur le domaine, on se retrouve sur une grande pelouse, où le village départ est organisé avec un podium, des animations et des tentes pour chaque entreprise, façon festoche. Il n'y a pas de retrait des dossards centralisé, chacun  s'adresse au stand de sa boîte pour récupérer son t-shirt (aux couleurs de l'association bénéficiaires du don) et le dossard. Facile. C'est convivial et il y a énormément de monde car il y a 3 "épreuves" : un 10 km, un 6 km (qui est plus une grosse rando) et un 2 km (avec les enfants en général). Le public est très féminin et n'est pas forcément composé de personnes très habituées à courir.

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Le départ est donné à 10 heures et il faut déjà hyper chaud. Ayant l'avantage d'être moi-même coureur, je fonce d'emblée à travers le parcours pour devancer ma coureuse et l'attendre vers le 3e kilomètre et je découvre, en coupant le parcours, que du 1er kilomètre jusqu'au 5e ça monte sans discontinuer, et pas un petit faux-plat :  le 2e kilomètre est même une route en lacets ! On n'est certes pas dans le Galibier mais c'est raide. Je vois les premiers de la course passer et ça me donne envie de me mesurer à eux !

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J'attends une dizaine de minutes au 3e kilomètre, à côté d'une batucada, et je regarde le peloton passer, dans l'ensemble les gens ne sont pas frais. Et soudain : "Jibééééé". C'est… Véro, ma pote. Mais qu'est-ce qu'elle fout là ? Ne m'avait-elle pas dit que ce jour-là elle courait (certes, avec sa boîte) au Bois de Boulogne ? Je m'élance à ses côtés et le lui demande. Sa réponse : "on n'est pas au Bois de Boulogne ici ??". Bon, la géographie parisienne est un peu trop subtile pour quelqu'un de banlieue (ça c'est une blague entre elle et moi).

Peu de temps après je vois apparaître la chérie, qui a la côte un peu en travers mais je la trouve moins crevée que je ne craignais. Elle paraît agréablement surprise de me voir, maugrée un peu contre le dénivelé et je la laisse s'éloigner pour m'élancer vers le sommet de la côte, au 5e kilomètre, où je la retrouve quelques minutes après, en meilleur état (un petit arrêt au ravito a fait du bien).

Le 5e km était tout près du 8e, j'attends donc là que mes désormais deux coureuses, telles le furet, repassent par là après être passées par ici. En face de moi la majorité des coureurs coupe sans vergogne la fin de la dernière côte (cf. photo ci-dessous) pour gagner au moins 200m (dans l'impunité puisque personne ne surveille). Pas terrible.

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Puis je tombe sur Véro. Si tu me lis Véro, franchement tu m'as foutu la trouille ! hors d'haleine, même pas en mesure de me répondre quand je demande "ça va ?", j'ai cru que ça allait finir avec la joyeuse équipe des secouristes cette affaire. Et puis en fait, ce n'était pas vraiment défaillance mais plutôt une bosse grimpée trop vite. Véro s'est mise "dans le rouge" comme on dit. Un coup d'eau, quelques mètres de marche puis une descente et ça repart. Dans la foulée c'est Chérie qui se pointe, très peu de temps après, elle a couru plus vite. Je la trouve assez fraîche étonnamment. Et lucide. On fait 2 ou 300m ensemble et je la laisse poursuivre la fin de son parcours pour foncer vers la ligne d'arrivée où j'aurais pu la manquer dans la masse.

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Les 10 km sous bouclés sous le cagnard, on sait même pas trop en combien de temps, sûrement plus vite qu'à l'entrainement. Véro est clairement déçu par sa course, Mélanie au contraire est enchantée d'y être arrivée sans encombre (et finalement sans trop souffrir). La chaleur et les pentes… pas facile quand même.

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Pour moi ce fut une matinée étrange dans la peau d'un supporter. Ce rôle de soutien m'a beaucoup amusé (j'aime bien jouer le rôle du coach), même si j'aurais bien aimé participer, je pense que je pouvais être pas mal classé. Un jour peut-être… d'ici-là d'autres défis m'attendent.

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19 avril 2019

Marathon de Paris, 14 avril 2019

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Il y a 35 ans, j'attendais patiemment dans la voiture que mon père termine son premier marathon. Anxieux comme tout primo-marathonien, il finalement franchi la ligne en 3h14. Mais mon seul souvenir de ce jour (ce soir-là, d'ailleurs, à l'époque l'épreuve avait lieux en fin d'après midi) fut, plus d'une heure après, de voir la voiture dans laquelle je me trouvais démarrer en trombe car son propriétaire, mon oncle Henri, était ulcéré de son chrono très très moyen... d'où le fait que je n'ai aucun souvenir de mon père ce jour-là. 

Depuis quelques années nous avons couru quelques épreuves ensemble et même le Marathon du Mont-Saint-Michel en 2016, mais cette année, pour fêter son accession à la catégorie V4 (ses 70 ans quoi), le marathon de Paris s'imposait. 

J'ai un peu culpabilisé de ce cadeau, car imposer en quelque sorte une course aussi difficile et longue à préparer est contraignant, mais je savais qu'au final il serait content même si, comme il me l'a dit, tout seul il n'aurait jamais organisé un truc pareil ! 

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Nos préparations se sont bien passées, pas vraiment de bobo. Mon marathon arrivait au bout d'un long hiver dans lequel je m'étais programmé des défis progressifs (5 km, 10 km, 15 km, Semi) et qui fut fatigant malgré le fait que j'aie été récompensé par de bons temps et même un record personnel sur 5 km. Et j'avoue que, devant courir avec mon père à une vitesse inférieure à la mienne, ne pas avoir à regarder le chrono a été un luxe très agréable : juste le plaisir de la course et d'aller chercher ma 20e médaille. 

Bref tout allait bien jusqu'au mercredi avant la course où je sens le mal de gorge arriver... crève, angine... aie aie aie ! Courir avec une angine, ouais c'est possible mais ô combien désagréable, un truc à te gâcher la fête. Mais à ma grande surprise mon médecin a accepté de me fournir l'ordannance qui me permettrait d'être tranquille pour la course, je pourrais vraiment lui dédier ma médaille. 

La seule interrogation aura donc été : comment s'habiller pour un marathon où il fait moins de 10 °c. J'ai opté pour la solution à 2 T-shirts, mais un seul aurait suffit. Temps resplendissant et sec, pas de vent, en courant on ne sent pas le froid. 

Une des bonnes surprises, quand on part dans un sas d'allure moins rapide que d'habitude, c'est qu'on gagne une heure de sommeil. Ordinairement je pars vers 8h30, donc devoir se lever à 5h30 pour manger, c'est preque plus dur que la course elle-même. Mais 9h30 ça va, c'est faisable ! 

Toujours la même émotion de se retrouver au départ d'une course, avec un dossard sur le ventre. Et là c'est le Marathon de Paris, c'est pas n'importe quoi. Je me suis amusé de l'oeil neuf de mon père, qui (re)découvrait l'ambiance. Déjà l'avant-veille, au salon du Running (retrait des dossards) c'était marrant de le voir confronté à l'ambiance, l'organisation, les sponsors, gadgets et autres petites futilités exposées à grande échelle. Le jour de la course c'est pareil : gigantisme de l'organisation (je ne laisserais plus jamais les habituels blasés nous raconter que "le Marathon de Paris c'est mal organisé"), la foule qui vient de partout et même Paris qu'on voit vraiment d'un autre oeil. 

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 Une fois la ligne franchie, on rente dans la course petit à petit seulement, car il faut toujours un temps pour s'adapter mentalement à l'énormité de l'événement. Dès la Place de la Concorde, c'est l'innovation du parcours, au lieu de remonter directement la rue de Rivoli on tourne à gauche drection la Place Vendôme puis l'Opéra. Une petit boucle uniquement touristique bienvenue qui casse un peu la monotonie de la grande ligne droite. Et en plus c'est joli ! 

 

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Ensuite Bastille, le 12e arrondissement, retour à la normale. De mon côté j'aurai vraiment l'impresion de me balader jusqu vers le 15e km où apparaitront, à la sortie du Bois de Vincennes, des lourdeurs aux quadriceps, probablement dues au fait que ma foulée est plus lourde quand je cours accompagné. 

 

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C'est difficile de décrire ce parcours car aucun événement notable n'est survenu : on ne s'est pas perdus de vue (grâce aux maillots orange fluo), on a super bien négocié les ravitos et on s'est alimenés correctement. L'ambiance est toujours aussi sympa (avec un bémol concernant le tunnel de l'Alma où aucune animation n'était prévue, c'est pourtant pas compliqué de mettre un ou deux DJ avec une boule à facette...). Vers le 25e on jette un coup d'oeil très furtif vers la Flèche de Notre-Dame, mais vraiment furtif, après tout elle a touours été là et le sera toujours... sauf que non... 

 

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Les kilomètres s'enchainent. Je me souvient même m'être dit "on est déjà au 28e km ?". On a beau s'être dit que le chrono n'importait pas, on ne peut s'empêcher de garder un petit oeil sur le meneur d'allure que l'on verra cependant s'éloigner au loin définitivement après le 30e kilomètre. Notre allure ne va franchement diminuer que dans les 5 derniers km (voire les 3 derniers) mais à aucun moment ce ne sera la perdition qui te coupe de l'ambiance, du public, du payage. Bois de Boulogne, Fondation Vuitton, dernier km, Porte Dauphine, dernier virage... on y est ! Dernière ligne droite, tapis rouge (enfin vert, aux couleur du sponsor...)... l'arrivée c'est nos Jeux Olympiques personnels, on a beau être nombreux à finir en même temps, on y est seuls au monde à ce moment-là, Paris est à nous. Finir un marathon, même si on en avait désormais 29 à nous deux, est toujours un étonnement, une fierté, un truc de dingue.

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La médaille n'est pas terrible, le t-shirt est carrément moche mais en fait on les trouve magnifiques. La zone d'arrivée couvre toute l'Avenue Foch, elle laisse le temps de redescendre sur terre petit à petit, de ne pas couper avec la course trop brutalement. 


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Ensuite il faut rentrer lentement (à cause des jambes durcies par le refroidissement) manger un bon steak et voir Philippe Girlbert gagner Paris-Roubaix en costaud. 

Le marathon de Paris est toujours une belle journée, encore plus belle quand elle est partagée. 

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(Quelques photos empruntées à ASO, l'organisation de la course)

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03 avril 2019

La Charentonnaise (15 km), 24 février 2019

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Troisième volet de mon polyptique hivernal : après le 10 km et le 5 km : le 15 km, en attendant les deux dernière distances en mars avril (semi puis marathon).

C'est une sorte d'accomplissement que de me présenter au retrait des dossard à Charenton-le-Pont car ça fait un paquet d'année que je voulais participer, mais invariablement je dois y renoncer : blessures, climat, méforme, crève.

Cette année sera la bonne, et en plus il fait beau.

Il fait beau… mais froid ce matin… après de 17 ans de course à pied je ne sais toujours pas comment m'habiller. Là encore je fais l'erreur classique : trop me couvrir. Autant c'était glacial en partant de chez moi, autant quelques temps plus tard au soleil, en fait c'était supportable.

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Le parcours est constitué de 2 boucles de 7,5 km, un peu en ville et surtout dans le sud du bois de Vincennes (on passe même devant le zoo). C'est plat, aucune difficulté. Ou plutôt si : l'organisation du départ. Il y a beaucoup de monde (les 15 km sont rares dans le calendrier, je n'en connais que 3 en Île-de-France) et pas de départ par salves. Du coup, même si l'avenue où se situe le départ est assez large, dès le premier carrefour on se retrouve dans des petites rues, compressés les uns les autres (ce qui fait évidemment ralentir tout le monde) et surtout sans visibilité sur les nombreux obstacles du parcours (trottoirs, poteaux, plots, trous), d'autant plus qu'il manque de personnes pour signaler efficacement les dangers. Résultat 3 chutes autour de moi dans les 2 premiers km. Il faut vraiment que les organisateurs revoient leur début de course, ça ne me pousse pas à avoir envie de revenir.

Lorsque le peloton s'est enfin étiré, on peut courir plus à son aise et essayer de rattraper les secondes perdues. Comme je l'ai indiqué le parcours est facile (malgré de relances) et plutôt agréable, surtout sous le soleil. Moi, en revanche, je ne suis pas au top et au final j'aurai 1 minute de plus que ce que j'espérais car les 5 derniers km ont été pénibles. Sur le moment j'ai eu tendance à remettre en question ma préparation durant laquelle j'ai un peu zappé l'endurance au profit du fractionné (faut dire que faire des sorties longues quand on est en train de déménager, ce n'est pas simple), mais à la réflexion, je pense qu'il y a aussi un facteur alimentation, mon petit déj' était probablement un peu insuffisant. Et puis il faut aussi relativiser, le chrono était quand même correct malgré ma mauvaise fin de course.

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04 février 2019

Foulées de Vincennes (10 km), 3 février 2019

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Comme l'an passé, ma participation aux Foulées de Vincennes est celle d'un accompagnant, puisque le but de la matinée et d'aider mon père à faire un bon chrono (et aussi/surtout) passer un bon moment). Il vient de passer en catégorie V4, il y a peut-être un podium à aller chercher.  

Nous avons choisi la première course, la course "compétition". Son avantage est d'être plus rapide car les participants sont meilleurs. Donc on perd moins de temps avec les engorgements de coureurs et autres piétinements. Son désavantage : elle commence à 9 heures alors que la course loisir est à 11 heures. Et se lever aussi tôt un dimanche matin d'hiver, c'est probablement ce qu'il y a de plus difficile !

On se retrouve avec un peu de difficulté (pas facile de se retrouver dans la foule quand on a eu l'idée géniale de ne pas prendre son portable (à ne pas refaire !)), on s'échauffe et on se réchauffe d'ailleurs, car si la température n'est pas trop froide, le vent est assez glacial quand il se lève.

Le début de course se passe bien, on part sur les mêmes bases que l'an passé (donc vite). Le parcours est tout plat avec un très très léger faux-plat montant dans une longue ligne droite d'un kilomètre le long des maisons qui bordent la lisière du Bois de Vincennes. Je sens cependant que mon père n'a pas "la bonne jambe" de l'an dernier, d'ailleurs, au début de la seconde boucle (c'est psychologique !) il me dit qu'il ne pourra plus tenir à cette vitesse et qu'il finira "comme il pourra". Je pense néanmoins que "finir comme on peut" à cette vitesse, beaucoup de V4 et même de coureurs tout court voudraient bien y arriver.

A l'arrivée (qui a été changée de place, elle est désormais devant la Mairie) on fait 1'45 environ de plus que l'an passé, ce qui est une petite déception mais tout de même un chrono très correct. Mais ça nous n'en sommes pas conscients car quelques minutes après l'arrivée nous rentrons tout simplement chez nous… sans savoir que mon père n'avait pas du tout raté sa course car il avait fini 2e de sa catégorie. Il n'est donc pas monté sur "la boîte" et n'a pas eu sa coupe. Mes efforts pour contacter les organisateurs par la suite sont restés vains car ignorés par l'organisation, c'est pas très sympa.

Donc objectif de notre prochain 10 km : faire un bon chrono ET aller chercher la récompense !

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10 septembre 2018

Course de la rentrée (15 km), Le Perreux, 9 septembre 2018

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Ira ? Ira pas ? 

Pour préparer un marathon c'est bien de faire un semi environ 1 mois avant, histoire de voir où on en est, et puis aussi de se sortir de la routine de l'entrainement. Sauf que voilà, le marathon étant début octobre, il n'y a pas de semi faisable en septembre dans mon secteur géographique. Il faut donc se rabattre sur des 10 km, mais franchement ce n'est pas le même effort. Solution alternative : la Course de la Rentrée du Perreux, un 15 km. Cela parait un test intéressant. Je l'avais donc inscrite à mon programme de longue date. Mais voilà, en revenant de vacances mi-août, m'étant fort mal entraîné, je me suis dit que cette course ne me servirait à rien étant donné ma très moyenne condition physique. Je me suis remis à l'entrainement, d'arrache-pied, avec parfois 2 séance par jour, et 3 semaines plus tard, mes performances s'étant nettement améliorée, je me suis dit "bon, allez…"

J'ai déjà participé à cette épreuve il y a 2 ans. Je l'avais trouvé très dure, j'avais fait un chrono satisfaisant mais j'avais souffert. L'an passé je devais la refaire, mais j'étais tellement triste à cette période que bien qu'inscrit je n'y étais pas allé. Raison de plus pour prendre une revanche cette année. Mais avec une certaine anxiété compte tenu de la difficulté du parcours et de mon expérience précédente.

Depuis 2016 rien n'a changé : toujours le RER Neuilly-Plaisance et son paysage dégueulasse, toujours les bords de marne, toujours les locaux de la Mairie avec : un vestiaire gardé, des toilettes propres et en nombre suffisant, et même des douches si on veut. Le retrait des dossard va vite, l'ambiance est sympa. Il y a du monde mais pas trop. Et surtout c'est une matinée magnifique, un temps idéal pour courir.

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Comme parfois (oui, j'ai bien dit parfois) il m'arrive de tirer des leçon de mes erreurs, cette année j'ai fait en sorte d'arriver suffisamment en avance et vers 9 h j'étais sur place. Le temps de me préparer tranquillement, à 9h20 je peux m'élancer pour ½ heure d'échauffement absolument nécessaire. J'ai constaté à l'entrainement dernièrement : pendant les 25 première minutes, je ne suis bon à rien, il faut vraiment que mon moteur tourne et que mon corps prenne le temps de se mettre en route. Je vieillis...

Autre erreur que je ne refais pas : me mettre en queue de peloton. Ici il n'y a pas de temps réel : si tu perds 20 secondes à passer la ligne après le top départ, et bien elles te sont décomptée quand même ! Et il y a aussi le temps perdu (25 secondes en 2016) dans le premier kilomètre : la rue où on s'élance est assez étroite et ça peut bouchonner.

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Comme je suis tout seul pour courir, personne avec qui bavarder en attendant le départ. J'écoute donc un peu les conversations autour de moi. Derrière moi un jeune homme très grand se vante en parlant fort que 15 bornes c'est beaucoup trop court pour lui, un marathon aussi d'ailleurs, qu'il lui faut au moins 14 heures de course (la légendaire humilité de certains trailers…). Pourquoi ? Parce que sinon il tousse quand il court vite. WTF ??!! Et une fois le départ donné, on a tous pu s'en apercevoir : le pauvre, toutes les 15 secondes s'arrache la gorge et les poumons. C'est extrêmement désagréable pour les gens qui courent avec lui, mais pour lui ça doit être un enfer et il devrait sérieusement changer d'allergologue. Bien que parti vite, presque à l'allure d'un 10 km, je me dis que s'il court toute la course avec moi en toussant comme ça, je vais devenir zinzin. Mais en fait au bout de 4 ou 5 km je vais progressivement le lâcher. Et je ne l'ai pas revu à l'arrivée, je ne sais donc pas si sa toux a pu s'arrêter.

Quant à moi je comprends assez vite que je vais pouvoir tenir à ce rythme-là et que mon chrono espéré est envisageable. Comme je connais déjà le parcours, j'ai eu le temps de penser à la gestion des 4 bosses (chacune des 2 boucles de 7,5 km en comporte 2). La première fois j'avais couru vite dans la bosse et utilisé la descente pour récupérer. Cette année j'ai fait le contraire : perdu un peu de temps dans la montée pour ne pas me cramer et accélérer/récupérer dans la descente. Et je crois que ça a été payant.

A la mi-course, je suis derrière une dame à qui quelqu'un, sur le bord de la route, dit "vas-y Isa, t'es 2e !". Je comprends que je cours derrière la 2e du classement féminin. Mais c'est pas mal du tout, ça ! D'autant plus qu'au début du second tour je la distance. Une autre personne sur le bord compte les coureurs et j'entends que je suis aux alentours de la 80e place (sur environ 650 il me semble), ce qui fait 12e sur une base 100. Pas mal du tout

Les kilomètres passent, défilent. Au 10e je regarde le chrono et je constate que si la course s'arrêtait là, ça se fait un chrono presque acceptable. En 2016 j'avais vraiment souffert mais cette année pas vraiment. Intense mais jamais insupportable. Dernière côte, je ralentis moins, puis une longue descente vers l'arrivée, un dernier tournicoti dans les ruelles et c'est la ligne d'arrivée !

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Chrono ? 1 minute de moins que mon objectif et record battu évidemment ! Youpi !! ça fait vraiment plaisir de constater que mes efforts à l'entrainement ont payé !

Toujours pas de médaille mais une trousse en cadeau. Ben oui, c'est la Course de la rentrée !!

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Après la course, un petit ravito est organisé dans une cour à quelques mètres de l'arrivée. On y remet les coupes un peu dans l'indifférence. L'ambiance est joyeuse car beaucoup de gens se connaissent car ils font partie des clubs du coin. Les familles sont là aussi. Un petit buffet est prévu mais comme je suis tout seul je choisis de rentrer, d'autant plus que malgré le grand soleil j'ai un peu froid.

Cette Course de la rentrée, depuis quelques années, c'est toujours pareil : un coup j'y vais, un coup non. Cette année j'ai bien fait de venir.

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31 juillet 2018

Champions !

France championne du monde

 

J'étais franchement passé à côté de la Coupe du Monde 98. Le matraquage marketing frénétique des mois avant, une période où je n'étais pas trop foot mais plutôt cyclisme/rugby, une dose d'esprit de contradiction, il faut le reconnaître, et une convocation pour aller faire mes 3 jours reçue mi-juin, voilà les raisons pour lesquelles cet événement ne m'a pas apporté d'émotion. Non moi, ma Coupe du Monde, c'est 2006, le retour du héros Zidane, cette équipe vieillissante qui atteint la finale au terme d'un parcours éreintant (Espagne, Brésil, Portugal, Italie), et ce dénouement surréaliste qui aboutit à une défaite qui a rendu tout le monde inconsolable.

2010, la honte, 2014, moyennasse, je pensais que la France serait pour l'éternité, comme l'Angleterre, l'équipe à une seule étoile, une victoire sur ses terres et puis c'est tout.

En 2016, grosse désillusion en finale de l'Euro, défaite cruelle mais équipe sympathique. Didier Deschamps le meneur d'homme et bâtisseur de groupes, a petit à petit écarté les emmerdeurs et les individualistes pour bâtir une équipe de gars motivés, bosseurs et pour qui le maillot bleu évoque véritablement quelque chose.

Comme tout le monde j'ai été atterré par les matchs de poule, la compo incompréhensible du premier match contre l'Australie et l'apathie générale, le match poussif contre le Pérou, le match soporifique contre les danois… et un style de jeu basé sur la solidité défensive et le contre : pas de raison ni de s'emballer ni d'être particulièrement optimiste. En revanche, des joueurs pas cons et souvent attachants : Giroud, le bogosse givarchien, MBappe le surdoué, Ngolo Kanté le soldat irréprochable, Lloris le capitaine taiseux, Pavard et Hernandez les latéraux surprise, Griezmann la "star next door"…

Et contre toute attente tout s'est emballé en 8e contre l'argentine, match fou où le meilleur joueur du monde s'est fait balayer. Et là malgré les "l'argentine était nulle", on se dit que cette équipe de mecs sympas n'est pas peut-être pas si faiblarde. Un ¼ de finale très maîtrisé contre l'Uruguay et malgré les "Cavani n'était pas là", on se dit que vraiment ça commence à sentir bon. ½ finale, c'est pas rien, conte des belges qui paraissent énormes… et une nouvelle fois un match maîtrisé, hyper solide, où l'on a l'impression que De Bruyne et Hasard pourraient jouer toute la nuit sans arriver à marquer. Et là c'est déjà dingue : les Champs sont envahis par la foule au son de "on est en finale, on est en finale, on est, on est, on est en finale". C'est ouf ! On va la gagner cette Coupe du Monde ! Didier Deschamps est un génie !

Finale conte l'épouvantail du Tournoi, les méconnus Croates avec un Modric qui marche sur l'eau. Je l'ai vécue dans un bar avec des êtres chers et plusieurs dizaine d'inconnus qui, le temps de la partie deviennent nos meilleurs amis. Une ambiance de dingue, un stress de dingue, un match de dingue. On est passés par toutes les phases, du déchainement de joie à l'angoisse la plus intense. Et une victoire 4 – 2. Un truc de fou. Une liesse populaire encore plus gigantesque que celle d'il y a 20 ans.

Pour tous les enfants (et les anciens enfants) qui ont un jour tapé avec plaisir dans un ballon, c'est une immense fierté que ceux qui nous représentent, ceux qui jouent pour nous, à notre place, ait réalisé cet exploit. Contraire à la phrase de Mark Twain, nous savions que c'était impossible mais pas eux. Donc ils l'ont fait !

Je ne pensais pas revoir ça un jour. L'épine restée plantée dans ma gorge en juillet 2006 ne me fait plus mal (même si, comme celle de 1982, elle est toujours là).

Quand tu gagnes le championnat du monde de Hand, ou de rugby, tu es champion du monde de Hand ou de rugby. Quand tu gagnes la coupe du monde de foot, tu es champion du monde… tout court !

Ils sont champions du monde, Nous sommes champions du monde !

09 juillet 2018

5 km France des Îles, Vincennes, 1er juillet 2018

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Tout est parti de ma montre Garmin. Parmi tout un tas de gadgets, celle-ci répertorie mes records sur un certain nombre de distances, du kilomètre jusqu'au marathon. Et parmi ces records, celui du 5 km. Quelques mois plus tard, je participe aux 10 km des Foulées de Malakoff et découvre que cette manifestation propose aussi  un 5 km. J'ai pu assister à l'arrivée et noter à quel point ça va vite. Je me rappelle d'avoir entendu un jeune dire à son pote "j'ai fait 18'30". Ouais, ça va vite. Donc l'envie d'essayer a fini par germer dans mon esprit. Hormis Malakoff, il y a moins de 5 km organisés dans ma zone géographique, mais il y a les "Foulées France des îles". J'avais déjà participé aux 10 km en 2015, mais la chaleur, la poussière des allées et une forme moyennement acceptable ne m'avaient pas permis de briller. Surtout la chaleur. Mais l'envie de réessayer sur le 5 km me titillait. L'an passé j'étais en vacances à cette date-là, mais pas cette année, alors Let's Go !

Ma meilleure performance sur 5 km, je l'ai évidemment accomplie sur 10 km, le jour où j'ai battu mon record sur 10 km justement. Après la Course du Viaduc de Millau, je me suis donc mis à une préparation inhabituelle, axée quasiment uniquement sur la vitesse (puisque sur 5 km, ce n'est pas tellement une question d'endurance), mais perturbée par un peu de fatigue et une angine. Je ne savais pas vraiment où j'en étais et mon test sur 10 km à la Pyrénéenne ne m'a pas vraiment rassuré. Seul un record perso inattendu à l'entrainement sur 1 km m'a agréablement surpris.

Bon première chose : facilité de s'inscrire, jusqu'au dernier moment quasiment (sur place je ne sais pas) et pour une somme pas très élevée (12 €), avec T-shirt et médaille. L'organisation est assurée par l'"AJ Accolade", association antillaise sympathique et qui fait bien les choses, d'ailleurs c'est la 23e édition. Cette année le village et le départ ont été déplacés devant l'esplanade du Château de Vincennes (et non plus dans le bois), c'est très pratique. Les gens sont gentil, l'atmosphère conviviale. Le départ du 5 km est à 9h, donc beaucoup trop tôt pour moi un dimanche matin, mais en l'occurrence ce n'est pas plus mal vue la chaleur (environ 24 °c à 9 heures ce matin-là, plus de 30 dans la journée). Comme je suis à côté je peux aller au départ à pieds et sans passer par la consigne, c'est chouette, ça me sert d'échauffement. Car sur une telle distance on ne peut pas se permettre de partir à moitié froid.

Au moment du départ je me rends compte que nous ne sommes pas très nombreux sur le 5 km, 200 personnes à vue de nez. Je m'élance vers le milieu du peloton mais cela n'a pas d'importance car la longue allée dans laquelle en s'élance est très large et il y a de la place pour tout le monde. Le revêtement de la course c'est du chemin de terre. Ce n'est pas ce qui "rend" le mieux mais tant que c'est sec (et le temps l'est !!) ça ne pose pas de problème. Je craignais que, comme il y a 3 ans, il y ait de la poussière mais non.

Etant donné la brièveté de la distance à parcourir, ça part très vite pour tout le monde et le peloton s'étire très vite. Durant la première moitié de la course je vais doubler un certain nombre de personnes puis ensuite grosso mode rester avec les mêmes.

Je comptais partir sur des bases prudentes pour éventuellement accélérer sur la fin (ou bien ne pas ralentir !) mais les premiers 500m étant en très léger faux-plat descendant, je me suis laissé aller et je suis en fait parti assez vite. Et il faut bien reconnaître que j'ai faibli petit à petit. Au bout de 2 km j'étais encore sur les bases d'un temps canon mais j'ai inexorablement faibli, et à 3,5 km, j'étais complétement cuit, j'ai dû vraiment m'accrocher pour finir correctement. Une jeune femme que j'avais doublée au 2e km m'a repris dans le dernier km et je n'ai pas pu la suivre. Paradoxalement, j'ai cependant réalisé 3 secondes de moins qu'elle. Mais je n'aurais jamais pensé que 5 km puissent me paraitre… trop longs !!

Une fois la ligne passée, ce qu'indique la montre est bizarre : un chrono pas si décevant que ça, à 20 secondes de mon record sur la distance, mais la distance totale affichée de la course est de 4,8 km !

Alors soit ils se sont trompés en mesurant et il manque en effet de la distance et là je dois rajouter au moins 1 minutes au temps que j'ai réalisé (et là c'est nettement moins positif), ou bien c'est ma montre qui a perdu le signal satellite dans les allées du bois de Vincennes et mon chrono demeure plutôt encourageant.

Quoiqu'il en soit, malgré la chaleur, la fin de saison, l'étrangeté de la préparation, j'ai apprécié ce moment et cette distance, ça m'a donné envie de réessayer.

5 km france des Îles 1

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05 juin 2018

La Pyrénéenne (10 km du 20e), 3 juin 2018

Une idée reçue voudrait que Paris, ce soit tout plat. En fait, c'est tellement vallonné qu'on peut organiser, rive droite, ce que j'appelle des courses atypiques (dénomination totalement personnelle !), c’est-à-dire des courses dont la distance est courante mais dont le parcours rend les chronos non comparables avec les épreuves équivalentes plates.

C'était jadis le cas des 10 km du 19e, course toboggan qui avait en outre la particularité de nous faire emprunter la totalité de la grande côte du Parc des Buttes Chaumont. Non averti de cette particularité du parcours, j'avais, lors de ma participation, trouvé la surprise un peu rude ! Malheureusement les mesures post-attentats ont eu la peau de cette épreuve sympathique.

Il en existe toutefois une autre : la Pyrénéenne. Ne pas confondre avec la très célèbre cyclosportive qui se déroule vraiment dans les Pyrénées ! Ici il s'agit seulement des 10 km du 20e arrondissement, et elle s'appelle comme ça à cause de la rue des Pyrénées d'où elle part et où elle arrive.

J'ai longtemps pensé à y participer mais plusieurs choses m'en dissuadaient :

-          Mon côté compétiteur  : participer à une épreuve où le chrono n'a pas de sens n'est pas une source de motivation : le parcours emprunte la quasi intégralité de la côte de Ménilmontant (qui porte bien son nom), un D+ de 118, comme disent les trailers.

-          Le calendrier : c'est en juin. Il y fait chaud et c'est vraiment le moment de l'année où je suis le moins motivé et le moins en forme après les marathons de début d'année

-          Ma vie privée : j'ai beaucoup fréquenté et même un peu vécu dans ce quartier autrefois, pour quelqu'un. Cette époque très peu épanouissante de ma vie m'ayant avant tout laissé de mauvais souvenirs, revenir arpenter ce quartier ne m'incitait pas à m'inscrire

Alors qu'est ce qui m'a fait sauter le pas cette fois-ci ?

Et bien l'envie de courir dans les rues de Paris, tout simplement. Je me sentais bien, malgré mes 2 marathons coup sur coup en mars/avril. Envie de découvrir une nouvelle ligne de départ, de courir sans la pression de la performance. Le temps avait passé et c'était le moment de vérifier que les mauvais moment vécus dans le quartier étaient passés eux-aussi.

Et donc me revoilà, la veille du départ,  6 ans après, presque jour pour jour, de retour à Gambetta, où rien n'a changé ou presque, mais où j'ai déjà perdu mes repères. Hésitation sur la sortie du métro à prendre ou sur là où se trouve l'arrêt du bus que je prenais autrefois. Le retrait des dossards facile dans la mairie. Je pique une petite affiche qui orne désormais mon bureau.

Pyrénéenne 2018 - affiche

Le lendemain, c'est une belle journée de printemps, chaude. Arrivé suffisamment à l'avance et déjà muni de mon dossard, je prends le temps de redécouvrir les abords de la place. Redécouvrir est le mot car j'avais vraiment oublié plein de choses, les noms, l'atmosphère. Je sais que le parcours passera même par la rue que j'ai tant fréquentée. J'appréhende… en fait non, je crois qu'au fond ça m'amuse. C'est comme retourner dans son ancienne école primaire, on croit qu'une foule d'émotion va revenir mais en fait non, c'est fini. C'est passé. Et c'est tant mieux.

La rue des Pyrénées est en faux-plat montant et je sais que ça va partir vite, donc j'arrive sur la ligne de départ bien échauffé, pas trop loin du premier rang pour ne pas trop être retardé dans les premiers hectomètres. Et j'attends le départ… j'attends. C'est toujours un peu en retard, une course. Ca fait râler quand c'est plus de 5 minutes.

10 minutes… 'tain, ils abusent.

¼ d'heure… Ya un problème non ?

20 minutes… ils pourraient nous dire ce qu'il se passe quand même !

Au coin de la rue à ma droite une baie vitrée s'ouvre. Une très jolie jeune femme brune, en culotte et débardeur gris nous regarde d'un œil mi-surpris, mi amusé. Manifestement, elle vient de se lever. Elle prend quelques photos puis va enfiler un vêtement  et revient nous regarder un peu. Puis rentre, petit déjeuner… ou se recoucher. Je me dis que peut-être je devrais en faire autant !

25 minutes… ça va être annulé, c'est pas possible !!

Mon échauffement n'aura servi à rien du tout car c'est complètement froid que je prends le départ, après plus d'une demie-heure d'attente.

Pyrénéenne 2018 - départ

Comme prévu ça part vite, trop vite. La rue des Pyrénées est vite avalée, ça va encore et ensuite ça descend : Ménilmontant, Rue Boyer, rue de la Bidassoa (comme prévu aucune émotion, ceci dit j'ai autre chose à penser)… bref tout va bien jusqu'à ce que se profile la côte de Ménilmontant, du bas. Et bien évidemment, présumant de mes forces, je la prends hyper vite, beaucoup trop vite, pensant qu'on tournerait à gauche vers le milieu… mais non, il faudra quasiment la prendre en entier. Et arrivé en haut, je suis complètement mort. J'ai réussi à tenir la vitesse jusqu'en haut mais en me mettant dans le rouge au-delà du raisonnable compte tenu du fait qu'on est au 3e kilomètre ou un truc comme ça.

La suite de la course n'a pas été brillante : non seulement j'ai perdu du temps, mais surtout j'ai vraiment souffert. J'aurais pu laisser tomber le chrono et trottiner un peu histoire de récupérer mais non, j'ai continué à courir aussi vite que je pouvais pour limiter les dégâts. On en se refait pas !

Mais c'est pas possible d'être aussi con et de faire un départ de course de débutant, à mon âge !!

Après être montés tout en haut de Ménimontant autour du parc de Belleville, on redescend puis on se dirige vers le Père Lachaise, où c'est à peu près plat mais où je suis cramé : de fatigue et aussi par le soleil car il fait super chaud.

La fin de la course, je la finis comme je peux. Partis par le côté nord de la rue des Pyrénées, on rejoint la ligne d'arrivée à Gambetta par le côté sud de cette même rue… un faux-plat montant qui me parait interminable… mais qui n'a pas l'air interminable que pour moi, tous les participants, que je double ou qui me doublent, ont l'air bouillis.

Après la ligne, trouver de l'eau est ma seule préoccupation !

Mais malgré l'effort intense de cette course plutôt ratée (le chrono  n'est pas honteux non plus, compte tenu des côtes) je suis quand même content d'être venu, car je suis toujours content d'avoir couru.

Ensuite je retourne voir un peu mieux la fameuse rue que j'ai bien connue, je retrouve l'immeuble (après avoir hésité : "c'est celui-là ou celui d'à côté ?"), je rentre dans la cour sans vraiment la reconnaître… je me rends compte pour de bon que tout est parti. C'est donc ici que j'ai passé la plus grande partie de mon temps libre ? Dans ce lieu que je ne reconnais pas très bien ? Aucune émotion, c'est presque frustrant, même si je ne tenais pas particulièrement à me revivre les déceptions que j'avais connues ici. Un peu plus loin, pour repartir, je traverse le square dans lequel j'avais régulièrement accompagné une petite fille faire des pâtés… je le reconnais mal lui aussi, je le trouve plus grand que dans mon souvenir.

Avant de quitter le 20e, je passe quelques minutes au Père Lachaise me recueillir et penser à quelques personnes…

Bon, il est temps de quitter ce quartier, que je ne re-fréquenterai sûrement que pour refaire cette course qui mérite que je la réussisse un peu mieux que ça, quand même. De nouveaux souvenirs de sport pourront ainsi prendre la place des souvenirs de vie, qui eux continueront à s'effacer.

Pyrénéenne 2018 - T-shirt

 

10 avril 2018

Marathon de Paris, 8 avril 2018


Médailles

 

Si n'importe quel coureur me parlait de faire 2 marathons à 3 semaines d'intervalle, je le lui déconseillerais probablement. Mis à part pour quelques individus dotés de facultés de récupération hors norme, ce n'est pas raisonnable, cette épreuve est trop épuisante. Mais voilà, je me suis fourré moi-même dans cette joyeuse galère en me lançant ce défi à la con, donc maintenant il faut y aller. Je dis "joyeuse" galère, parce qu'au fond, je suis très content. Le marathon, c'est vraiment le truc qui me fait vibrer, auquel je pense plusieurs fois par jour tous les jours de l'année, quoi qu'il arrive. Et pourtant c'est pas ma distance, je n'y suis pas particulièrement bon. Mais c'est comme ça, c'est pas les 10 km du quartier qui vont te faire rêver.

(Presque) aussitôt passée la ligne d'arrivée de Marseille, c'est déjà Paris qui se profile. Comment on prépare ça, déjà, un second marathon 3 semaines après le premier ? Ben de la récup avant tout. En fait je n'ai quasiment pas couru, me reposer était nécessaire car j'étais épuisé autant physiquement que mentalement, mais j'ai réalisé, après la course, que j'avais manqué un peu de fond sur la fin. 3 semaines sans véritable entrainement avaient un peu fait baisser mon endurance et j'ai ramé après le 30e.

Les 3 semaines ont passé vite, même sans beaucoup d'entrainement, et c'est une nouvelle fois par une magnifique matinée ensoleillée que je me retrouve agglutiné avec des dizaines de milliers d'autres coureurs avenue des Champs-Élysées. C'est un jour de grève et certains, venus de loin, se demandent même comment ils vont rentrer chez eux après.

Le plus agréable dans l'histoire, c'est qu'un second marathon couru dans la foulée d'un premier réussi, ça enlève toute pression du résultat. Juste le finir. On finit en marchant s'il le faut. Oui mais bon… je me suis quand même fixé un but : moins de 4 heures. C'est pas un objectif de dingue pour moi, mais quand même, c'est un objectif que je ne suis pas du tout sûr d'atteindre, tant j'ignore comment mon corps réagira face à ce nouvel effort intense si proche du précédent.

Je pars donc sur mes bases habituelles, comme le 21 jours avant. On verra bien. Mais avant tout je me concentre sur l'événement : apprécier le moment, l'ambiance, le cadre. La vie quoi. Le temps est magnifique, Paris est magnifique et je cours à mon allure habituelle sans trop de souci. Les kilomètres passent. Bastille, Vincennes, Daumesnil (la mi-course). Ça commence à tirer un peu. Les quais, les tunnels. Ça va mais ça commence à tirer encore plus. Tour Eiffel, 30 km. Ça devient dur. Je ne regarde plus le chrono sur lequel je commence à constater que l'allure baisse de plus en plus. Peu importe, j'ai tenu mon allure habituelle suffisamment longtemps pour être sûr de passer largement sous les 4 heures. Les 10 derniers km… bah… ce sont les 10 derniers kilomètres, quoi, c'est toujours difficile et long. Mais ça fait en quelque sorte partie de la joie du marathon. La vraie adversité est là. A ce moment-là, tu sens la douleur autour de toi, les autres coureurs souffrent autant que toi et on est tous reliés par une sorte de solidarité dans la souffrance. La fête est toujours belle dans le Bois de Boulogne, mais on a juste hâte que ça se termine, ça contraste avec le passage dans l'autre bois, celui de Vincennes, une vingtaine de bornes plus tôt. Quand il faut tourner à gauche vers la Fondation Vuitton, on se dit "oh, encore un détour !" mais on sait aussi qu'il ne reste plus qu'¼ d'heure de calvaire à ,peu près.

Je dis toujours que le marathon se finit en fait au 41e kilomètre : le dernier, on sait que c'est finit dans quelques minutes, et même si on a les jambes tétanisées, même si on ne pense qu'à une chose, s'arrêter de courir, on sait que c'est dans la poche et qu'un gentil bénévole va bientôt nous passer médaille autour du cou. Ce dernier kilomètre se déroule encore très largement dans le bois de Boulogne, puis, après un dernier rond-point, c'est l'avenue Foche qui apparait, sans qu'on l'aie vue arriver. C'est fini, on voit l'arrivée, on accélère sans le faire exprès, on a beau ne pas être tout seul sur la route, on a tout de même l'impression d'être le seul sur la route de la gloire, on va être marathonien pour la première fois même si on en a déjà bouclé plus d'un. On est surpris d'y être arrivé alors que c'est loin d'être la première fois. La ligne n'est pas encore franchie qu'on regrette presque que ce soit déjà fini (on a instantanément oublié à quel point, une heure avant, on aurait tout donné pour que ça se termine au plus vite).

Après la ligne c'est médaille, T-shirt, ravito, poncho, photos, le tout en boitant à cause des cuisses qui se sont raidies en refroidissant. On a dû se lâcher un paquet d'endorphines car on plane un peu, on se sent héroïque et tellement fier.

Voilà, c'est fait, Paris, assez largement sous les 4 heures, 3 semaines après Marseille. Certes le chrono est beaucoup moins bon mais c'est un détail, c'est un sacré défi que j'ai réussi à relever.

Marseille, Paris… que manque-t-il cette année ? Et bien la 3e métropole… Lyon ! C'est quand déjà ? En octobre ?

Challenge accepted !  ;) 

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19 mars 2018

Marathon de Marseille, 18 mars 2018

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Tous les ans, je m'inscris au Marathon de Paris. Parce que c'est beau, festif, parce que j'aime cette course. Et surtout parce que c'est à côté et que je n'ai rien d'autre à dépenser.

Mais fin 2017 j'ai aussi remarqué qu'en 2018 mon anniversaire aller tomber un dimanche : le rapprochement se fait instantanément dans ma tête : le dimanche, c'est jour de marathon ! Quoi de mieux pour fêter (ou oublier) le temps qui passe que de participer à une course ce jour là ? Bon, il y a quoi le 18 mars ? Marseille ? Bon, allez bingo !, c'est parti,  je fêterai mon anniversaire là-bas. En plus ça tombe bien, j'ai toujours voulu y aller.

Sauf que bon, il y a quand même un souci : ça tombe 3 semaines avant Paris. Donc soit je laisse tomber Paris (et je m'assois sur les 80 € d'inscription), soit je fais les 2. Et oui, 2 marathons en 3 semaines ! Déjà en 2016, deux marathons en 2 mois, ça m'avait semblé un peu trop, alors là… Mais bon, n'est-ce pas non plus un super défi ? Allez je fonce, on verra bien, après tout, le second marathon, je pourrai bien le faire en marchant, l'essentiel sera de réussir le 1er et de finir le 2nd.

Je commence donc à préparer ce double événement en ayant plutôt en tête de les faire en moins de 4h tous les deux, avec un très bon temps sur le 1er. C'est un peu inconscient mais bon, qui vit sans folie n'est pas si sage qu'il croit, comme dirait l'Autre.

Je passe sur les sempiternels soucis de préparation hivernaux (le froid, la crève, la fatigue du boulot). Je mentionnerais juste l'apparition de la "malédiction du mardi" : avant le marathon de Rennes, une douleur m'était apparue sous la cuisse le mardi avant la course. Et bien là, avant Marseille, devinez quoi ? La même douleur, au même endroit ! Donc kinées, etc… la douleur persistera jusqu'à la veille de la course avant de s'envoler comme par magie (ou bien grâce aux anti-inflammatoire ?) le matin même. 

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Pour ces deux jours dans la "cité Phocéenne" comme disent les journalistes sans imagination, c'est ma moitié qui m'accompagne, pour une fois. C'est donc aussi un petit peu une escapade d'agrément et un voyage culinaire :-)

Arrivés le vendredi soir, on loge près du Vieux Port (et donc des navettes pour le départ). Il fait un temps magnifique, une quinzaine de degré alors que tout le reste de la France a froid sous la neige ! On visite un peu la ville après le retrait des dossards (le T-shirt est plein de pub, importable), 

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notamment le très charmant quartier de Panier. C'est agréable malgré ma cuisse raide qui m'inquiète. 

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Le lendemain, après un réveil et un petit déj trop matinaux (5 heures du mat', c'est inhumain !), il faut prendre une navette pour Les Goudes, village de la périphérie de Marseille en bord de mer. Il fait beau mais il y a pas mal de vent. Des cars sont à la queue leu leu sur le Vieux Port. Une fois monté dedans, je me trouve assis à côté d'un homme pas tout jeune qui m'avouera dans la conversation faire environ 30 marathons par an. J'ai l'air minable avec mes 2 en 3 semaines ! 

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Arrivés aux Goudes, il faut un peu tuer le temps et il fait très froid. Mais finalement ça passe assez vite et on part sous un beau ciel bleu et une pâle lumière d'automne. Le long de la côte, la route est légèrement bosselée mais je pars plutôt vite avec mon sac plastique toujours sur moi pour me protéger du vent froid. Je ne l'enlèverai que vers le 10e kilomètre (j'ai même croisé un anglais qui l'autre gardé au moins jusqu'au 30e !). Je me sens vite bien, je n'ai mal nulle part et je garde une allure proche de mes meilleures perfs. Le parcours n'est pas vraiment beau mais pas moche non plus jusqu'à Marseille, où nous allons beaucoup tournicoter autour et dans le parc Borély (dont j'ai tant entendu parler dans Pagnol, puisque c'est là que la tante Rose rencontre l'oncle Jules). J'avoue que le parcours (fait 2 fois) à cet endroit-là est tellement alambiqué que pour la première fois de ma vie dans une course j'ai eu peur de me perdre !! D'autant plus que, fait incroyable, le kilométrage n'est indiqué que tous les 5 km !! Un comble pour une épreuve si importante organisée par ASO ! Et le 32e kilomètre était signalé au 34e ! Si bien que j'ai dû demander à d'autre coureurs où ils en étaient avec leur montre GPS car j'avais peur que ce soit la mienne qui s'était trompée !

Le meilleur moment de la course c'est le (court) passage au cœur la ville et sur la Cannebière. C'est pas tous les jours qu'on court là ! Malheureusement, et à ma grande surprise, le public est très absent. Je pensais naïvement que les marseillais, réputés chaleureux, seraient venus nous encourager, mais franchement pas grand monde à part évidemment les familles des coureurs. 

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On court un peu dans l'indifférence générale. On passe aussi devant le Stade Vélodrome, défiguré par un naming...

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La fin de course ne se passe pas trop mal. Avec le mal aux jambes j'ai un tout petit peu ralenti mais pas tant que ça. Le second passage sur la côte de la Corniche est un peu dur à avaler car à ce moment-là on en a plein les pattes. Je surveille le chrono et je vois que je ne battrai pas de record, mais que par contre mon chrono sera très bien quand même. Je ne me crève donc pas la caisse à accélérer au risque de me payer des crampes dans les 4 derniers km. Ensuite descente sur Marseille une seconde fois, on longe le Vieux Port vers l'arrivée où il y a un peu de monde, dont ma chérie noyée dans la masse, que je ne pourrai pas apercevoir, à mon grand regret. Je franchis la ligne content de ma course, content d'avoir célébré mon anniversaire (et mon vieillissement) de cette façon. Et rien de tel que des fruits de mer chez Toinou pour fêter ça !  ;-)

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 Maintenant rendez-vous avec moi-même (et 50 000 autres) sur les Champs dans 3 semaines !

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