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Après un Marathon de Paris douloureux mais réussi au regard du peu de temps de préparation, le mois d'avril a consisté à se reposer avant toute chose (physiquement et psychologiquement), et le mois de mai à faire ce qu'il faut pour revenir au niveau. J'avais songé un temps, mi-mai, à participer la Pyrénéenne, 10 km escarpé dans le 20e arrondissement, qui avait la double particularité d'être une course originale où on oublie un peu le chrono car il y a trop de côtes, et puis de me faire revenir dans un quartier que j'ai beaucoup fréquenté et où j'ai même vécu quelques temps. Mais voilà, mi-mai je n'étais pas prêt et surtout pas motivé pur ça. Donc faire une course pour juste faire une course, c'est idiot. On verra ça en juin.

Et qu'y a-t-il en juin ? La course du Château à Vincennesl'Equipeles foulées du 12ela Course Royale à Versailles (qui en fait 15 et pour laquelle je n'ai personbne pour m'accompagner) et les 10 km de l'Hexagone. Ça laisse le choix.

Comme je passe pas mal de temps dans le Val-de-Marne depuis quelques mois, j'ai donc reconsidéré Vincennes, alors que j'avais dit que je ne la ferais plus : trop de monde, trop de bousculade/piétinage/embouteillage. Mais là le double facteur date + proximité était intéressant. Donc banco pour redonner une chance à cette sympathique épreuve, d'autant plus que je ne vise pas un record mais à me tester. Et tant pis pour l'Equipe la semaine d'après, bien que le nouveau parcours était intéressant.

 

Le temps est magnifique ce 4 juin 2017. Certes un peu chaud mais supportable, et en plus les allées du Bois de Vincennes sont ombragées. Mine de rien cette course a pris une énorme ampleur (plus de 2000 personnes) mais l'organisation reste bon enfant tout en étant efficace, ce qui n'est pas une mince affaire. Les départs par SAS (plus ou moins) échelonnés sont désormais généralisés et comme celui que j'ai choisi est relativement rapide, je pars en début de peloton, ce qui fait que je n'ai jamais eu à subir de ralentissement, et ça sur un 10 km c'est primordial. Une année lors des "10 km France des Îles" (charmante organisation au demeurant) j'ai perdu plus d'une minutes comme ça, ce qui, sur 10 km, est difficilement rattrapable.

Comme j'avais le meneur d'allure à 20m devant moi, je me suis dit que pour une fois j'allais lui emboiter la foulée, tout en n'étant pas sûr du tout de pouvoir tenir : après tout, cette course n'était qu'un test. Et à ma grande surprise oui, ça va, je tiens très bien la foulée. 1km, 2, 3, 4, je sens que je peux le suivre jusqu'au bout à cette allure. L'appétit venant en mangeant, après le ravito de mi-course, je profite d'un long et léger faux-plat descendant pour accélérer, histoire de voir si je peux creuser un peu. Mon objectif c'était 30s de moins que le meneur d'allure. Donc je grignote, je grignote. Je suis presqu'à fond en prenant le soin de ne pas me mettre dans le rouge inutilement : cette course est un test, pas un objectif, je ne cesse de me le répéter, et surtout je n'ai pas envie de me mettre les tripes par terre pour grappiller 15 secondes qui me placeront de toute façon loin de mes records. Je suis pas venu là pour souffrir, ok ?

On a beau avoir de l'expérience, quand on est con, on est con : au bout de 7,5 km, je me dis "cool plus qu'1 km et 1/2". Ah ouais, dans ma tête, c'était très clair : 10 – 7,5 = 1,5. Sauf qu'1,5 km plus tard je suis évidemment passé devant le panneau "9" et non pas à l'arrivée. Putain, mais ce que je peux être débile quelques fois !! Le dernier km a donc été pénible, d'autant plus que je n'ai pas pu m'empêcher de ne pas ralentir.

L'arrivée, tapis rouge et portique dans la cours du château médiéval, c'est top ! Même avec ses pulsations cardiaques à 110 %, on apprécie la majesté du lieu. Coup d'œil à la montre : j'ai pris 1'06 au meneur d'allure en 5 km, ce qui fait que j'ai fait mieux que mon objectif de plus de 30 secondes, ce qui était absolument inespéré. J'étais loin d'imaginer que j'avais bien travaillé à ce point.

Une fois passé la ligne on est dirigés dans la grande cours du Château (l'arrivée se fait dans la petite), là où on trouve ravitos, consignes et tout ce qu'il faut, et même une pelouse pour s'allonger quelques instants. Sous ce soleil c'est vraiment confortable.

Ces 10 km ont été une bonne surprise, une bonne matinée, bref, un plaisir.

 

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Une fois cette bonne surprise digérée, je me dis : et pourquoi pas faire un peu mieux puisqu'après tout je ne suis pas si mal ?

Les 10 km de l'Equipe, c'est la semaine d'après, c'est trop rapproché. Par contre, les foulées du 12e, ça fait un moment que je veux essayer. Déjà c'est à côté de chez moi, je peux y aller à pieds, de plus l'organisation a l'air sympathique et puis j'aime bien l'idée d'écumer les 10 km des différents arrondissements de Paris puisque j'ai déjà fait le 6e, le 14e, le 19e.

J'ai attendu le dernier moment pour m'inscrire : je me sentais fatigué et je manquais de motivation, l'instinct du guerrier était resté au Bois de Vincennes. Et puis 3 jours avant, voyant que mes exercices de cardio sont bons, je me dis allez, t'y vas. J'ai juste négligé un détail : ne pas regarder la météo.

En allant chercher mon dossard, je me suis (re)fait une réflexion : quelle que soit l'organisation, récupérer son dossard une veille de course c'est toujours la même émotion. En deux mois j'ai fait le Marathon de Paris, énorme course internationale très pro, puis la Course du Château de Vincennes, épreuve amateur de grande envergure, et là… les ces 10 km du 12e, c'est vraiment la petite course de quartier presque familiale. Une tente, des tréteaux… mais qui dit petits moyens ne dit pas forcément mal organisé, au contraire. Tout y est, même les dossards personnalisés. Certes ils n'ont pas assez d'argent pour offrir un T-Shirt mais on a le droit à une médaille et surtout, alléluia, des ravitaillements en bouteille d'eau (et non pas des gobelets pourris qui obligent à s'arrêter pour boire deux insuffisantes gorgées. Donc quand on te dit "une course faite par des coureurs pour des coureurs", et ben c'est pas faux. Le parcours consiste en deux boucles de 5 km à peu près plates mais avec pas mal de de tournicotis donc des relances et surtout beaucoup d'obstacles, de plots, de barrières, de trottoirs, de trucs en béton qui ne sont pas il faut avoués, pas toujours très bien signalés. Ici aussi on fait partir les coureurs par sas de niveau (ce qui n'empêche pas certains de partir dans des sas qui ne sont pas les leurs et qui s'en foutent de gêner les autres mais bon, tout le monde ne peut pas être bien élevé).  Comme 15 jours plus tôt, je me décide à suivre le meneur d'allure… ou plutôt les meneurs d'allure : il faudra me préciser l'utilité de deux meneurs d'allure qui courent l'un derrière l'autre… Au début ça se passe bien, le rythme est soutenu mais ça passe. 1, 2, 3, 4 km puis je décide d'accélérer légèrement à la faveur d'un léger faux plat descendant (tiens, ça me rappelle quelque chose)… sauf qu'un peu plus d'un km après, je sens que ça ne va pas. Putain, mais qu'est-ce qu'il fait chaud !! J'entends les coureurs s'en plaindre autour de moi. L'un dit à l'autre : "la prochaine fois je regarde la météo avant de m'inscrire". Les gens ont l'air épuisés. Et après le ravito du 5,5 km… plus rien, j'ai plus rien. J'arrive plus à tenir ce rythme. Je sens les meneurs d'allure derrière mes talons et ils me repassent tous les deux, et là je comprends que c'est mort pour le chrono, d'autant plus que je suis cramé de chez cramé. La chaleur y est pour beaucoup. Mais il n'y a pas que ça : fatigue, la mauvaise idée d'avoir couru la veille donc un manque de fraicheur, une mauvaise nuit, un petit dej' pris trop tard… bref, au final je rallie l'arrive comme je peux. Ce qui est drôle c'est que je ne me sens pas totalement cramé, juste pas dedans, sans force et un peu anesthésié.

L'arrivé au Vélodrome Jacques Anquetil autrefois appelé "La Cipale" (qui accueillait l'arrivée du Tour de France jusqu'aux années 70) est émouvante même si j'en ai peu profité. Cet endroit est bizarre, il sert de terrain de rugby pour le PUC ai-je cru comprendre. Il parait un peu obsolète. Dur d'imaginer ici des sprint de Darrigade… Je franchis la ligne avec pas loin de 3 minutes de plus que 15 jours avant !!! Pas un bon jour, vraiment. L'ambiance est chouette. Deux jolies jeunes filles, arrivées sur mes talons exultent d'avoir battu je ne sais quel chrono… même course, mais pas vécue pareil !

Une fois ma bouteille <3 d'eau récupérée et ma médaille autour du cou, je ne m'attarde pas. J'aurais aimé profiter de l'endroit mais je suis fatigué, j'ai envie de m'écrouler sur mon lit en fait. Je reviendrai sûrement faire cette charmante course, mais à condition qu'il fasse moins chaud.

 

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En guise de conclusion je préfère retenir la bonne perf encourageante, et me servir des ratés de la seconde pour avancer. Maintenant un peu de repos et puis mi-juillet je me remets au boulot pour préparer la seconde partie de la saison avec, si tout va comme je l'espère, un beau marathon au bout.