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Au détour d'une page Facebook, je vois passer une annonce pour l'Ardèche Run. Je clique, persuadé qu'il s'agit d'un énième trail et là surprise, c'est une course sur route. J'approfondis un peu et je me rends compte que c'est une épreuve équivalente à un semi qui ressemble assez fortement à la petite sœur de Marvejols-Mende, à laquelle j'ai participé en 2015. Je regarde la date : fin septembre, mais ça se goupille bien, ça, dîtes-moi ! N'ayant pas couru avec mon père cette année (Marvejols en 2015 et le Mont Saint Michel en 2016) :  en voilà une idée qu'elle est bonne !

L'organisation en amont aura été assez facile : hôtel, trajet, jours de congé, nickel. Ne restait plus qu'à avoir une météo correcte et à courir.

Autant je connais un tas de département sympathiques dans le sud (Lot, Aveyron, Tarn, Lozère etc.), autant l'Ardèche m'avait toujours intrigué, ne serait-ce que par la traditionnelle remarque (idiote) de citadin : "si ça contiue je vais tout plaquer et aller élever des chèvres en Ardèche". Je n'avais pas vraiment d'idée précise sur ce à quoi pouvait bien ressembler ce département, et c'est assez curieux au final : par endroit ça ressemble à par chez moi (les départements sus-cités), et à d'autres on dirait le sud, comme dirait l'Autre. Certaines collines ressemblent même au Péloponèse !

 

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Mais revenons à nos moutons. Le voyage s'est bien passé. Changement à Montélimar (voilà une ville connue où je n'aurais jamais imaginé transiter, je ne savais même pas où ça se trouvait (dans la Drôme, donc)) puis acheminement en car (le réseau SNCF n'est pas très développé là-bas) jusqu'à Aubenas (prononcer "Aubena"), petite ville (ou gros village) perchée sur un petit sommet. Une fois ma famille retrouvée et l'hôtel rejoint, direction les dossards. 

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Le T-shirt est en coton avec une design qui le rend non seulement portable mais en plus joli. Petite remarque pour l'améliorer : pourquoi une inscription en anglais ? : "adventure is in Ardèche". "L'aventure est en Ardèche" ça aurait été vraiment si ringard que ça ? Bon sinon tout est fluide, aucun souci logistique, et il est temps d'aller déambuler dans la ville jusqu'au soir, pour une petite balade cool. J'ai toujours envisagé ces escapade de course à pied comme des prétextes à faire du tourisme.

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Le lendemain il faut se rendre au départ dans un petit village de la périphérie d'Aubenas, et première satisfaction : il fait un temps de rêve. Beau soleil, température ni trop chaude ni trop froide, on peut attendre le départ en T-shirt sans se cailler, c'est parfait. On apprend qu'on est 1000 inscrits (en fait c'est moins que ça) et c'est là que je réalise un truc : en fait il s'agit de la première édition de cette course ! Et ça c'est impensable : l'organisation parait tellement bien rodée : il n'y a aucun problème, tout est absolument carré et pro, ils ont pensé à tout (j'y reviendrai !).

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10 heures : c'est parti. D'abord 10 km de plat. Ben en fait non, c'est 10 km de faux plat montant et même de plus en plus montant. Mais à côté de ce qui nous attend après, ça peut paraitre plat. La lumière d'automne est magnifique, l'ambiance joyeuse. Un gars qui pousse une joëllette nous "pique" tous les encouragements de la foule mais on lui pardonne, en plus d'ête très sympa il est bien couragageux.

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On passe devant un séquoia géant, on longe la rivière Ardèche, c'est très joli, on se régale d'être là et de courir sur une jolie route (moi qui ai l'habitude des courses urbaine, j'ai une pensée amusée pour le village départ/arrivée des 10 km de Joinville, sous un pont d'autoroute : on fait avec ce qu'on a…).

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Premier ravito : whaou, de l'eau en bouteille (qu'on peut garder à la main) !!! Enfin une petite organisation qui ne nous fait pas le coup des gobelets (n'est-ce pas le marathon de Rennes et celui de Lausanne ?). Et à force d'avancer comme ça le nez en l'air (mais un peu trop vite compte tenu de la suite) on finit, après avoir franchi un petit pont, par se retrouver dans le plat de résistance : la fameuse montée du "volcan".

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Ici pas la même sensation qu'à Marvejols-Mende où dès les premiers 100 mètres d'ascension les ¾ du peloton s'arrêtent net pour marcher. Le paysage est magnifique, c'est un vrai plaisir. Malheureusement, mon camarade et aîné au bout d'un kilomètre va, comme beaucoup, avoir du mal à tenir la cadence et se mettre à marcher lui aussi plusieurs fois. Il faut dire que par endroits la pente est raide, un vrai mur ! On a prévu de rester ensemble tout le temps, donc je m'arrête aussi et je dois reconnaitre que c'est frustrant car je pétais le feu et j'aurais pu, je pense, faire toute la montée en courant et puis embrayer dans la descente, bref, jouer un chrono avec 20 minutes de moins.

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Mais ce n'est pas grave, j'aurais au moins pu regarder le paysage, prendre des photos (je dois d'ailleurs avouer que le mec qui s'arrête prendre des photos avant de joindre au sprint son coéquipier, ça aurait pu en agacer certains qui avaient vraiment du mal à monter, je ne l'ai réalisé qu'après). A force de monter, on arrive en haut, au Château de Craux, où les gens nous encouragent chaleureusement avant de se rendre compte qu'en fait il reste 1 km de dos d'âne avant de vraiment basculer dans la descente.

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Là il reste environ 7 km mais les cuisses de mon partenaire paternel sont restées dans la montée et nous ne lâchons pas les chevaux. Encore une fois un peu frustrant mais on n'était pas venu là pour ça. 

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Une dernière montée pour l'arrivée sur la place du village d'Antraigues, patrie du chanteur communiste Jean Ferrat (pour ceux qui veulent se recueillir sur sa tombe (au fond à droite du cimetière), il est enterré sous son vrai nom, pas sous son nom d'artiste) et on franchit la ligne sous les ovations de la foule et du speaker. Chrono qui n'était pas celui qu'on avait prévu mais aucune importance.

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Petite déception : pas de médaille. Je sais, c'est un truc de gamin mais moi j'aime bien quand il y en a une. Si les organisateurs me lisent, moi j'aurais été prêt à payer un peu plus cher (d'autant plus que l'inscription est vraiment donnée dans l'ensemble) pour en avoir une.

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En revanche, on a eu un chapeau de "finisher" (sans pub dessus, pas comme à Marvejols-Mende). Et surtout j'ai littéralement halluciné sur le "ravitaillement" d'après course. Dans toutes les épreuves, on a le droit aux mêmes trucs que pendant la course : de la pomme, de la banane, de l'eau, des raisins secs… Du sucré alors qu'on vient d'en avaler pendant 2 heures, ce n'est pas une bonne idée. Seuls les 10 km de l'Equipe ont parfois proposé du cake au saumon. Mais ici, ambiance ardéchoise : saucisson, jambon, fromage de chèvre et même de la Despé !! J'ai jamais vu un truc pareil, et en plus les produits locaux étaient super bons, j'ai dû me retenir pour ne pas me gaver et en laisser aux autres ! C'est incroyable ce ravito. Tout le monde devrait s'en inspirer.

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L'organisation avait prévu que l'on pourrait se faire transporter des affaires sur place, que nous avons retrouvées à la salle des fêtes, et pour rentrer à Aubenas, un système de navettes en car était disponible (ils ont pensé à tout je vous dit !). Impeccable : confortable, ponctuel.

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Et pour la petite histoire, après cette excursion pédestre magnifique, on s'est fait un bon… Mc Do !!  :D On avait bien le droit, je crois.

Petites pistes d'amélioration :

-          Un slogan en français sur le T-shirt (mais garder l'idée du coton, les maillots techniques, on ne sait plus quoi en faire tellement on en a). Et pourquoi pas choisir un nom en français pour la course aussi, d'ailleurs ?

-          Nous mettre un peu moins la pression avec le "si vous mettez une bouteille par terre vous êtes disqualifiés" : je comprends l'idée, c'est pour s'assurer que la campagne ne sera pas salie, mais ça y va tout de même un fort. Si on explique aux gens, ils jouent en général le jeu. De la prévention plutôt que de la menace (trop agressif à mon goût), ce qui ne cadre pas tellement avec l'esprit très bon enfant de l'épreuve. 

-          Une médaille à l'arrivée même s'il faut augmenter un peu le prix de l'inscription.

En résumé, je dirais que si on aime les paysage et les défis sportifs, il faut absolument courir l'Ardèche Run (sans oublier Marvejols-Mende, on peut faire les deux, d'ailleurs, le calendrier le permet). C'est aussi l'occasion de (re)découvrir un superbe département et de participer à une course non seulement belle mais a faite par des gens passionnés et adorables.

Je dis un super merci à tous les bénévoles, tous les organisateurs (mention spéciale au community manager qui sur Facebook a su nous faire comprendre que l'ambiance serait au top !) qui ont fait un super boulot. C'était ma 79e course et ils ont réussi à m'étonner !

Vivant à Paris je ne pourrai probablement pas revenir souvent mais c'est avec plaisir que je participerai à nouveau à l'Ardèche Run si jamais l'occasion se présente. Une  course vraiment pas comme les autres.

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PS : les lotois, les cantalous, les corréziens, vous attendez quoi pour organiser une course comme ça ??