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Carnet de course

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19 janvier 2026

10 km du 14e (18 janvier 2026)

« Papa Couillir ? »

Pour ceux qui n’ont pas pris "enfant de 2 ans" en LV2, cela signifie « il va courir, Papa ? »

 

C’est vrai que même si depuis la naissance de ma fille je n’ai jamais cessé de m’entrainer, je n’ai pas agrafé un dossard sur ma poitrine depuis 9 mois et ce Marathon de Paris tellement décevant que, me pensant cramé bouilli vieilli, j’ai pensé tout arrêter. Certes j’ai vieilli, mais j’ai aussi réalisé qu’en avril 2025, je n’avais toujours totalement récupéré du CMV que j’avais chopé 1 an plus tôt. Cette saloperie de virus m’a usé pendant près de 6 mois et il m’a fallu 6 autres mois pour redevenir à peu près comme j’étais avant.

 

J’en ai profité pour changer ma préparation et l’adapter à mon nouveau rythme de vie : avoir 2 bébés à la maison, c’est un monde d’écart avec le fait de n’en avoir aucun (et même de n’en avoir qu’un). J’ai opté pour une prépa marathon de 16 semaines, avec un nouveau coach : chatGPT. On verra bien. En tout cas il me dit des trucs pertinents. Et toujours un 10 km pour débuter l’année. J’ai travaillé cette allure, emmerdé par une nouvelle montre connectée pas assez fiable pour un modèle premium (un indice : elle porte le nom d’un oiseau qui renaît de ses cendres), un appui pied gauche qui fait un peu n’importe quoi, et le fémoro-patelaire qui m’a immobilisé après le marathon de Paris pas tout à fait guéri.

 

Pour résumer, j’ai bien bossé à l’entrainement dans la mesure de ce que je suis capable de faire, et je vais bien me rendre compte dans le 14e arrondissement si ça a payé ou si je suis toujours cramé bouilli.

 

Le vendredi je suis allé à la mairie du 14e où une bande de gentils retraités distribuaient dossards et t-shirts (car oui, cette course offre encore des t-shirts et ne se drape pas dans une hypocrise pseudo écologique pour faire des économies). Une dame très sûre d’elle m’indique très assertivement qu’il faudra arriver au moins 1h et demi à l’avance à la consigne (rien que ça) et être au moins 1 heure avant le départ dans son sas de départ au risque de ne pas pouvoir y accéder. Je n’ai toujours pas compris pourquoi ces consignes encore plus rigoureuses qu’au marathon de Paris, d’autant plus que le surlendemain, je me rendrai compte que tout cela était complètement faux !

 

L’avantage de courir dans Paris, c’est que ce n’est pas loin de la maison (en l’occurrence là c’est même direct en métro). Ça permet de se lever moins tôt et de ne pas arriver encore endormi sur la ligne de départ. Là c’était tellement pas loin, que je suis arrivé quasiment trop tôt et j’ai eu très largement le temps de m’échauffer et de rentrer cool dans mon sas de départ (autrefois cette épreuve n’en organisait pas et il m’est arrivé de perdre beaucoup de temps à cause des coureurs plus lents devant moi).

 

Les débuts d’une course sont toujours aussi étonnants. A l’entrainement très souvent on ne parvient pas à tenir son allure cible plus d’un tiers de la distance de la course. Et le jour J, ça passe et on est dans le rythme dès les premiers mètres. Ça restera toujours un mystère pour moi (l’inverse existe aussi : on sent tout de suite qu’on ne va pas être dans coup…). Je me suis élancé à l’instinct et j’ai trouvé la bonne allure tout de suite. Je me suis demandé un temps si cela n’était pas trop rapide, si je n’allais pas exploser au bout de 3 kilomètres, mais je sentais que j’étais bien.

 

Le parcours des 10 km du 14e est une boucle de 5 km à parcourir 2 fois, et cette boucle n’est pas plate : on descend la rue du Commandant Mouchotte, assez pentue (qui permet à la fois d’accélérer en récupérant), puis le boulevard Edgar Quinet et la rue Émile Richard en faux-plat montant. Et j’ai l’impression que ce genre de parcours me convient (tout comme les 10 km du Luxembourg, qui existaient autrefois). Autant je déteste les intersections, les virages, autant les relances avec un peu de pente et les prises d’élan dans les descentes me vont bien. Quand j’étais cycliste, déjà, je n’aimais pas vraiment les dénivelés totalement réguliers.

 

Tout ça pour dire que j’ai réalisé une course comme j’aime : plus jeune j’allais chercher mes chronos en surrégime dans la seconde partie de la course. Ici j’ai été 100 % tout du long, avec un rythme de croisière plus efficace que quand j’étais jeune. Si au final le résultat chronométrique revient au même, ma nouvelle façon de courir m’occasionne moins de souffrance (même si j’étais content, une fois la ligne massée, que la course ne fasse pas 11 km !).

 

Presqu’une minute de moins qu’à Malakoff l’an passé à la même date, et plus d’une minute aussi sur le chrono que j’espérais, mon 5e meilleur au total. C’est suffisant pour dire que je suis de retour et que de nouvelle aventures me sont permises.

 

Je conseille vraiment cette course, qui est une course de quartier organisée avec le sérieux d’une épreuve de grande ampleur. Bonne ambiance, bons ravitos, parcours bien sécurisé, et surtout pas de de prétextes soi-disant écolos (bullshit complet !) pour faire payer un t-shirt 30 balles en supplément (il est offert, ça commence à devenir rare).

 

Et une jolie médaille avec laquelle mes gosses se sont bien amusés, se la passant autour du cou en disant « Baboooo » (« Bravo », pour ceux qui ont fait allemand LV2).

 

 

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28 février 2025

Paris je t'aime

L'organisation du Marathon de Paris a lancé un appel à témoignage afin de savoir qui sont les participants et pourquoi ils participent. Voici ma réponse : 

 

Je m’appelle Jean-Baptiste. Le 13 avril prochain, j’aurai 48 ans et quelques jours.

Je suis ce type de coureur qui n’intéresse pas beaucoup les média. Je suis un homme sans accident de la vie notable, qui suis ni un débutant, ni un performer, un traileur urbain snob ni un jeune connecté sur Strava. Je suis un coureur confirmé entre deux âges, bon sans être exceptionnel. Passionné mais raisonnable. Qui fait ce qu’il faut mais qui consomme peu. Bref, pas une cible commerciale très intéressante.

Je cours depuis 2002, soit 23 ans. J’étais passionné de cyclisme sur route mais le passage à la vie salariée et parisienne ne me permettait plus de pratiquer ce sport particulièrement chronophage. De toute façon, depuis l’affaire festina, il ne me faisait plus rêver.

Je me suis tourné vers la course à pied (après avoir hésité avec le badminton !) car mon gabarit ne me permet pas d’être performant dans d’autres disciplines que les sports de fond. Pour le dire plus crûment : dans les autres sports je suis nul !

Dès les premiers pas de mon premier entrainement (je m’en souviens, une belle journée d’été), j’avais dans un coin de ma tête le marathon de Paris, mythique dans la famille car mon père l’avait couru de 1984 à 1990. J’ai mis deux ans avant d’oser m’inscrire, ne me jugeant ni capable ni digne. Intimidé aussi par l'ombre et les chrono impressionnants de mon père. Je ne savais pas m’entrainer, ce qu’il fallait faire pour progresser. Il n’y avait pas autant de documentation qu’aujourd’hui. A part faire du volume, je ne connaissais pas d’autre façon de courir. Aujourd’hui c’est seuil, fractionné, EF et tutti quanti.

Patiemment j’ai couru autant que j’ai pu, du mieux que j’ai pu, pour finalement me lancer en 2004, malheureusement avec une relative indifférence de mon père. Et bien entendu je me suis blessé dans le mois qui a précédé. Le genou meurtri, j’ai quand même pris le départ. Il a tenu 9 km et j’ai fini les 33 restants en boitant, m’arrêtant tous les 500m pour soulager la douleur. Une première courageuse mais ratée… tout comme la seconde, où je me suis blessé à une cuisse… pendant la course, vers Charenton, au 17e. 25 km en boitant.

Ce n’est qu’à la 3e participation, en 2006, que j’ai enfin réussi mon rêve : terminer un marathon en étant performant. Je visais 3h30, et j’ai fait… 3h30 et 0 seconde ! J’aurais quand même pu faire 1 seconde de moins 😊

J’ai toujours aimé l’ambiance, même à l’époque où il y en avais moins (l’époque où on courait avec des T-shirts en coton). Les animations musicales (les gars qui jouent du cor de chasse m’ont toujours fait sourire). Il est de bon ton de critiquer pour faire de l’anti-parisianisme (trop cher blablabla… vous avez comparé avec les prix de Berlin ou de New York ??), mais cette épreuve, c’est devenu mon épreuve. Les fois où je n’ai pas participé, elle m’a beaucoup manqué.

Parce que c’est une magnifique épreuve, et un peu aussi parce que c’est à côté de chez moi, j’ai fait ensuite 11 autres marathons de Paris. Des moyens voire très moyens, un héroïque en 2014, terminé alors que je n’avais que 10 jours d’entrainement (je n’ai jamais autant souffert sur une course), certains très réussis, dont un record personnel en 2021 (on est toujours meilleur en automne 😊 et il fallait bien fêter la fin de la COVID).

C’est quasiment automatique chaque année, le marathon de Paris est le premier marathon de l’année, et souvent le seul si je ne peux en courir qu’un. J’ai raté certaines éditions sur blessure ou maladie, et une fois ou deux parce j’ai fait une infidélité. On a le droit d’être infidèle si c’est pour courir à Rome, je crois. J’ai pu courir d’autres épreuves qui me faisaient rêver (Athènes, Venise, Reykjavik) et désolé, je ne suis pas sensible au charme des soi-disant « majors » autoproclamés. Pour moi le major c’est Paris, mon major à moi. J’ai toujours la gorge qui se serre au moment du départ. Sur marathon, on remet son titre en jeu à chaque fois, et Paris sera toujours Paris, comme dit la chanson.

Lorsque je passe la ligne d’arrivée, soit je pointe les doigts de vers le ciel comme Olivier Giroud, soit je fait l’aigle en tendant les bras comme Pauleta (je suis supporter des Girondins de Bordeaux (et non du QSG), c’est dire si je suis loyal 😃). Mais l’an passé, malgré une relative contre-performance due à un orteil cassé en début de préparation, j’ai fait le geste du bébé (comme Bébéto lors de la Coupe du montre 94), dédié à ma fille, née 5 mois auparavant. Cette année, si je parviens à franchir la ligne d’arrivée pour la 15e fois, je referai le même geste, pour ma fille et pour mon second enfant qui naîtra début juin.

En 2019, j'ai pris le départ avec mon père. Pour fêter ses 70 ans, 30 ans après sa dernière participations (cf. la photo). Un très honorable chrono de 4h12. 

En 2004 j’avais 27 ans et j’étais bien loin d’imaginer que 21 ans plus tard je serais encore au départ de cette course qui deviendrait ma préférée. Que j’aurais une femme merveilleuse, une petite fille adorable (qui l’an passé m’attendaient à l’arrivée, moi ai si souvent été seul sur la course) et un autre enfant à naître. J’ignorais que 2 décennies plus tard je serai enfin heureux, et que la course à pied et le Marathon de Paris n’y seraient pas pour rien.

J’espère que mon récit vous aura un tout petit peu intéressé même s’il n’est pas tellement original.

2 février 2025

10 km de Malakoff, 1er février 2025

Après avoir été, de 2021 à 2023, au top de ma forme depuis toujours, 2024 m’aura donné un sacré coup d’arrêt. Un orteil cassé début novembre 2023 m’avait déjà immobilisé deux mois, m’obligeant à grandement adapter ma préparation à cette péripétie : un semi-marathon de Paris très correct et un Marathon de Paris où j’ai, on va dire, sauvé les meubles. Mais après cela j’étais de nouveau sur pieds (avec un « s »), prêt à redevenir performant une fois le marathon de Paris digéré… ce qui ne sera jamais le cas car j’ai directement embrayé sur un cytomégalovirus qui m’aura mais à terre pendant quasiment 5 mois… Recommencer après 5 mois d’arrêt est à tout âge difficile, car c’est reprendre presque à zéro, mais plus le temps passe et plus on doit revenir de loin.

Dès que j’ai pu recourir fin août, je me suis senti soulagé mais aussi bien faible. Tellement faible que je ne me suis pas vu préparer autre chose qu’un 10 km. D’abord se remettre à niveau avant d’envisager se préparer pour un marathon. C’est donc avec une grand application que j’ai tout repris depuis le début. Un plan 10 km sur 12 semaines dont j’ai effectué les exercices consciencieusement, du mieux que j’ai pu. Les allure 5 km qui vont tellement vite, poussent le cœur à fond et brulent la trachée. Les sorties plus longues, les séances de côte. Et aussi beaucoup de renforcement. J’avais l’impression d’avoir perdu tous mes muscles de partout.

En vue : les 10 km du 14e, mi-janvier. Et si cela se passe bien, embrayer sur une prépa pour le Marathon de Paris. Mais en fait, cette course ayant beaucoup de succès, je n’ai pas pu m’inscrire, anxieux que j’étais de m’assurer jusqu’au dernier moment que j’avais le niveau pour remettre un dossard.

Cela sera finalement les 10 km de Malakoff, que j’avais déjà disputées il y a 9 ans, et qui n’est finalement pas si loin ni moins agréable à faire et qui, en plus, l’avantage de démarrer à 11h (plutôt qu’à 9h).

Par un beau et pâle soleil d’hiver, me voilà donc au retrait des dossards, dans une école primaire juste à côté de la ligne de départ. Je suis tout seul car mes supportrices sont restées au chaud (il fait juste au-dessus de zéro, ce n’est pas une température pour porteuse de fœtus et pour bébé). L’ambiance est comme toujours sympathique. Les clubs du coin se sont donnés rendez-vous. Et je suis dans l’inconnu. Durant la prépa j’arrivais à faire les exercices à allure 10 km, mais parfois dans la douleur, et des courir 3 x 10’ allure 10 km, ce n’est pas exactement pareil que d’en faire 40 minutes d’une seule traite ! Je ne sais donc pas du tout si je vais être capable de tenir même si je sais que l’euphorie de la course pousse toujours à se dépasser.

Je pars donc, entouré de coureurs de mon niveau (c’est très bien ça) à peu près à l’allure cible. C’est une boucle de 5 km à faire deux fois. Le début est en léger faux plat montant. Il y a pas mal de relancer. Le but est simple : tenir à cette allure-là. Et le fait est que je n’y ai pas tout à fait réussi, car ma seconde boucle compte environ une minute de plus que la première. Cela n’a pas été une souffrance, mais tout de même, c’est difficile, il faut s’accrocher. S’accrocher a toujours fait partie de mes compétences, mais je n’aimerais jamais ça.

Et finalement un chrono honorable mais pas exceptionnel. Mon niveau d’il y a 6 ans.

Mais c’est suffisant pour me permettre de passer à la prépa marathon sans trop m’inquiéter car je sais que j’avais un peu mieux dans les jambes. Notamment parce que ces derniers jours j’étais fatigué. Et pourquoi j’étais fatigué ? Et bien parce que j’ai couru sous antibiotique. Quiconque à un enfant en crèche sait bien que dès le premier jour on est malade en continu pendant au moins 3 ans !!!! Donc la crève, la fatigue d’être papa, la prépa difficile, je me suis auto-attribué le bénéfice moral de « j’aurais pu faire 30 secondes de moins ».

Certes c’est un peu subjectif, certes ça m’arrange, certes c’est tiré par les cheveux, mais comme ce n’est pas faux et que dans l’ensemble j’a l’impression de remonter la pente (qui est droite mais raide), on va dire que je m’en contente et que je peux regarder devant.

9 octobre 2023

20 km de Paris (8 octobre 2023)

Une formalité ! Et pourquoi pas même un RP ?

Ben oui, tout me réussit depuis 2 ans. Des records personnels battus sur toutes les distances. Je n’ai jamais été si fort, si mince, si endurant. Je remplis mes objectifs à chaque course, je me sens fort. J’a une VO2max très élevée, aucune douleur persistante. Mes genoux encaissent toutes les charges de travail. Je récupère sans problème.

Alors les 20 km de Paris, une de mes courses préférées, relativement plate et "propice à la performance", comme dit le marketing, ça va être une formalité et un super chrono en perspective. D’autant plus que Paris/Versailles, 2 semaines avant, avait été une réussite malgré les embouteillages dans la Côte des Gardes.

Je ne vise donc ni plus n’y moins que mon RP, établi en 2006 au prix d’un très gros effort et des kilomètres de souffrance "dans le rouge". J’ambitionne de faire mieux et en souffrant mois.

A l’heure sur la ligne de départ, Pont D’Iéna, détendu, je m’arrange pour m’élancer premier de ma vague de départ et n’avoir personne devant mois et aucun risque de piétinement. Il fait beau, tout est parfait.

Je pars fort, à mon allure cible, que je suis censé pourvoir maintenir tout du long. Plus vite que mon allure semi mais moins que mon allure 10 km. Et puis quand bien même, si ça ne fonctionne pas pour le RP, ce sera de toute façon un excellent chrono.

Comme dirait ma mère : « oui oui, peut-être ».

Les 2 premiers km de cette course montent, il faut aller jusqu’à l’Arc de Triomphe. Pa simple tout de même, mais ça passe, bien que le cardio soit un peu trop haut. Pas grave je me reposerai après l’avenue Foch, ça descend légèrement. Mais en fait, oui, légèrement. Pas une vraie descente.

Elle va vite cette allure cible, quand même.

Bon, je ne suis plus tout jeune, je ne dois pas être chaud, encore, ça va se calmer.

Mais ça tarde à se calmer, c’est dur, ça va vraiment vite….

Bon, je ne vais pas détailler tout le parcours. J’ai tenu l’allure cible 5 km, et après le 15e km, j’étais même au-dessus de mon allure marathon !

J’ai complétement explosé, et j’aurais dû me souvenir de la même mésaventure qui m’était arrivée au Semi-marathon de Rouen en 2021. Idem, parti sur des bases exagérément optimistes, j’avais complètement explosé, obligé même de m’arrêter plusieurs fois. Là je ne me suis pas arrêté mais j’ai fini complétement cramé et avec un chrono qui, même s’il est loin d’être minable, est plus que décevant si l’on considère les bases sur lesquelles j’étais parti et l’ambition de départ.

Alors la question c’est : pourquoi ?

Ce n’est pas forcément facile à expliquer.

  • Ambition de départ et allure un peu exagérément optimistes
  • Fatigue résiduelle (grosse saison 2023)
  • Courir Paris/Versailles, les 20 km de Paris puis un marathon en l’espace d’un mois, c’est trop
  • Mauvais jour
  • Les départs rapides, pour moi, ne doivent pas dépasser une course de 10 bornes

En 2021, 3 semaines après mon échec à Rouen j’avais tout explosé sur le marathon de Paris. Alors contre-performance passagère ? Que va-t-il se passer dans deux semaines à Rennes pour le marathon ?

25 septembre 2023

Paris-Versailles, 24 septembre 2023

2001 : je viens de commencer ma vie professionnelle et je n’ai plus le temps de pratiquer le cyclisme. Je me rends peu à peu à l’évidence qu’il va falloir laisser tomber, mais je ne me vois pas ne plus faire de sport. Quoi faire ? Je ne suis pas mauvais au badminton, j’y songe un temps. Mais pour une raison que j’ai oubliée (très probablement pratique), j’écarte l’idée pour finalement me rabattre sur la course à pied. Ce sport est imprimé dans mon esprit car j’ai toujours vu mon père courir, premièrement. Et puis surtout parce que c’est une des rares disciplines dans laquelle je ne suis pas trop mauvais depuis toujours. En cours d’EPS à l’école, j’ai dans l’ensemble été mauvais à tout. Pas rapide, pas agile, pas précis, pas puissant. Mais quand il faut courir longtemps, même si je ne suis pas le meilleurs, je m’en sors honorablement.

C’est donc sans presque y réfléchir qu’un matin je me lance, je revois encore aujourd’hui la scène, le temps qu’il faisait, la direction que j’ai prise. Je ne savais pas combien de temps j’allais courir ni même combien de temps j’étais capable de tenir. Je pense que j’ai dû fixer l’objectif à 1h… Et puis j’ai continué, mais dès le départ avec l’idée de faire des courses. J’ai toujours trouvé absurde de s’entraîner pour ne jamais faire de compétition : c’est quand même l’essence même du sport.

Si j’avais bien compris que le graal du coureur est le marathon, j’avais conscience que la marche était un peu trop haute. J’avais en tête de m’aligner sur des semi-marathon ou équivalents, et la première course qui m’est venue en tête a été Paris-Versailles. Je me souviens que mon père l’avais fait il y a très longtemps, je devais avoir une dizaine d’année. Pour une raison qui m’échappe, le nom de la course m’avait frappé. 16 km avec des côtes ça me paraissait idéal pour moi. Pas trop ambitieux pour éviter le ridicule si ça tournait mal.

Et beau jour de septembre 2002 je prenais le départ de cette course, ma toute première, que je bouclais honorablement en 1h25, 37 minutes après un certain Gebremehidin GEBREMARIAN. C’était possible, j’étais capable d’acheter un dossard, de le porter et de finir une course. Au moment où j’écris ces lignes, 23 ans plus tard, j’en ai faite 121 de plus ! Et notamment deux aux Paris-Versailles en 2003 et 2005. Les deux m’avaient laissé un souvenir de gros gros effort physique et d’une course faite à bloc au terme d’un très gros effort ‘’dans le rouge’’. Et puis plus rien du côté des Yvelines. Maladies, blessures, inscriptions manquées ou prix de la course jugé trop cher : je ne l’ai plus refaite, en me disant que c’était fini. Plus vraiment d’espoir d’y améliorer mon chrono, voyage retour de Versailles long et rébarbatif, autres objectifs plus près (Le Perreux, notamment).

Et pour une raison pas très claire, je ne sais pas ce qui m’a pris en 2023 : je me suis réinscrit. Quelle était ma motivation : probablement l’idée de se balader dans le Château avec ma chère et tendre après la course, un truc comme ça. Peut-être aussi faire fructifier ma très bonne condition physique de l’époque et pourquoi pas péter un chrono encore jugé inaccessible peu de temps auparavant.

Et me revoilà au départ de la course : 18 ans après.

Je vais essayer de ne pas digresser sur le thème de « vous vous rendez compte ? Comme le temps passe vite ! La dernière fois j’avais 28 ans et maintenant 46. J’étais un célibataire incurable et maintenant je vais être papa » etc. etc. etc. Mais quand même !

Je m’étais dit qu’avec le temps le départ de Paris-Versailles avait dû être amélioré : jadis tout le monde était pêlemêle sur la ligne de départ et s’élançait toutes les minutes par petit paquet sans distinction d’allure, ce qui occasionnait : un bordel gigantesque avant la ligne de départ et des bouchons et bousculades après la ligne de départ.

Et bien je suis "heureux" d’annonce que 18 ans plus tard, rien n’a changé (comme quoi le temps passe vite mais la permanence de certaines mauvaises habitudes nous rajeunit). C’est toujours un joyeux mais immense bordel au départ. L’accès aux consignes, c’est n’importe quoi, on attend des plombes sur la ligne de départ (près d’une heure) et donc on commence à courir complètement refroidit. Comme beaucoup de gens débutants ou peu rapides participent (puisque c’est une course courte), quand on est un peu plus rapide comme moi, on ne cesse de zigzaguer pour contourner ou éviter les autres quand o n’est pas carrément obligé de s’arrêter devant une marée de coureurs au ralenti, notamment dans la côte des gardes.

Si on veut faire un chrono ou au moins une course un minimum confortable sur Paris-Versailles, il faut se lever très tôt et partir dans les premiers, sinon, on sera contrant à en faire une rando.

Et le chrono : j’ai raté mon record personnel pour 5 secondes !!! Les boules. Mais bon, je sais que je l’avais dans les jambes et la condition était très bonne ce jour-là. Il faisait beau, et c’est toujours gai, comme on dit en Belgique, de courir.

La suite de la journée ce furent un Mac Do bien mérité (j’ai toujours trouvé drôle d’aller au Mac Do dans les villes ou les quartiers riches) puis une flânerie dans le château. Dans la Galerie des Glaces bondée de touristes, j’ai même retrouvé l’ambiance de la côte des gardes !!!

 

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18 septembre 2023

5 km de Joinville-le-Pont, 17 septembre 2023

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1/ s'inscrire à un 5 km alors qu'on n'est pas bon en demi-fond

2/ avoir une douleur tendineuse une semaine avant

3/ décider d'y aller quand-même quitte à finir en footing

4/ s'apercevoir que la course est le championnat d'île de France et que le niveau est super relevé

5/ faire un échauffement plus long que la course elle-même 🤔

6/ courir sur une jambe et demi pour pas se faire mal

7/ battre son record de 5 secondes 🏃‍♂️💪🏻

8/ rentrer cher soi en n'ayant pas plus mal qu'en partant

Voilà ma semaine 😊

15 mai 2023

10 bornes du Havre, 14 mai 2023

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Que faire après un début de saison plein de satisfactions ?

Et bien partir en week-end.

Et où partir ?

Ben là où c’est joli.

Et puis bon, si jamais il y a aussi une petite course…

L’an passé on avait beaucoup aimé Troyes. La course était sympa, il fait beau, la ville est très joli, et la Cité du Vitrail a rouvert (et NON, la Cité du Vitrail, ça ne parle pas de trail !!).

Donc banco pour Troyes encore cette année, avec son semi.

Mais voilà, la SNCF réserve bien des surprise, comme celle de couper la liaison avec Paris ce week-end-là (avec tout de même le bon goût de prévenir à l’avance). Du coup plus de week-end champenois. 2 solutions : soit aller à Troyes mais sans courir, soit aller ailleurs le même jour. En cherchant un peu dans le calendrier des courses, je trouve la solution : ma chère et tendre avait adoré Le Havre au mois d’octobre, et v’là t’y pas que le 14 mai il y a un 10 km, dis-donc ! C’est l’occasion d’aller visiter l’Appartement Perret et l’Abbaye de Graville, que nous n’avions pas pu voir lors de notre première visite.

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En revanche bon, un 10 km, je ne suis pas tellement prêt. Depuis mon impensable résultat de 2020, l’envie de me réaligner sur cette distance (trop) rapide ne m’avait pas tellement effleuré. Comme je suis un peu incapable de m’aligner sur une course sans la faire à fond et sans avoir un objectif aussi ambitieux que ma forme du moment le permet, je me remets donc au travail, et fractionné ceci, VMA cela. J’adapte un plan d’entrainement comme je peux à la distance et à ma fatigue post marathon. L’idée n’est pas de chasser le record (inatteignable), mais de faire un chrono sous une barre convenable.

(Et cerise sur la gâteau, la veille de la course, on s’aperçoit en voyant une affiche en ville qu’un match de Top 14 Racing/Toulon est délocalisé au Havre. Je vous laisse deviner ce qu’on a fait de notre soirée !)

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Les 10 bornes du Havre, c’est une course de quartier comme on les aime, organisée par le club du coin, avec ses bénévoles sympathiques et dévoué. Le retrait des dossards est organisé en bord de mer, ce qui est beaucoup plus pratique que d’aller galérer au Stade Océane (qui se situe à 4 ou 5 km du centre). La course est constituée de 2 boucles pas exactement identiques en ville (circulation coupée). C’est tout plat. Pas un nuage. Peu de vent Et bien qu’il soit tôt, il ferait presque un peu chaud.

Nous étions assez nombreux sur la ligne de départ située boulevard Clémenceau (assez large pour qu’on ne se bouscule pas au départ) pour une visite à toute vitesse de la ville.

Je rappelle à chaque fois la consigne : partir vite, accélérer, finir à bloc. Plus précisément, je vais plutôt partir sur des bases régulières et élevées, quitte à accélérer dans le dernier km. Je préfère.

La course se passe bien, je me sens bien dans mon allure et je sens vite que je suis dans le coup. Certes je n’ai pas des jambes exceptionnelles mais c’est suffisant pour obtenir ce que je veux. Je suis dans l’effort maximum mais pas dans la grande souffrance pour garder la vitesse désirée. À mi-parcours on passe deux fois sur la ligne d’arrivée là où m’attend ma supportrice. Dans le dernier tour, une petite frayeur car la personne qui doit arrêter les bagnoles est un peu dans la lune et j’ai failli partir tout droit (alors que c’est à gauche !), et à gauche de l’hôtel de ville, dernière ligne droite avenue Foch pour l’arrivée.

Trop bien ce 10 km. J’avais oublié que parfois c’est agréable.

Seule petite ombre au tableau : en regardant le chrono, j’espérais 30 à 45 secondes de moins. D’autant plus que j’affiche une distance de 10 km et 300m Je mets ça sur le compte de l’imprécision du GPS, mais le fait est que la course que je ferai 3 semaines plus tard me fera douter de la précision du tracé.

Quoi  qu’il en soit je suis ravi de cette course, de mon week-end (et de passer 2 jours sans pluie !)

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12 décembre 2022

Corrida de Thiais (10 km), 11 décembre 2022

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J’ai couru un certain nombre de fois à Thiais, sur plusieurs distances : 10 km, 20 km, et même un 8,3 km dont je ne comprends toujours pas bien l’intérêt. Parce que je n’habitais pas loin. Et puis j’ai cessé d’habiter près de Thiais, et je n’y suis plus venu pendant une décennie. Mais comme mes parents habitent toujours le coin, je me suis dit « pourquoi ne pas participer avec mon père ? ». J'y suis donc revenu quelques fois.

Je ne sais pas vous, mais moi, en décembre, je ne cours plus tellement après le chrono. Le plaisir de mettre un dossard et d’accompagner mon paternel vers une bonne place dans sa catégorie d’âge me convient totalement.

 

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La Corrida de Thiais est une épreuve toujours très gaie malgré le froid. On se demande où tout le monde trouve cette énergie. Des gens déguisés, des gens motivés par le chrono. Une tombola avec une voiture à gagner, du vin chaud (je n’avais jamais goûté : c’est dégueulasse, comment peut-on boire un machin pareil ?). Le parcours est devenu tout plat durant ma décennie d’absence. Ne traverse plus le centre très vallonées pour faire deux boucles de 5 km sur les hauteurs de la commune. Le parcours n’est pas très beau, le ciel de décembre est bas. On arrive toujours sur une piste d’athlé (ça devrait être le cas dans plus de courses d’ailleurs).

 

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Pas grand-chose à dire de plus. Une chouette matinée de course à pied conviviale en famille pour terminer une année exceptionnelle.

 

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15 juin 2022

Semi-marathon de Troyes, 15 mai 2022

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Il faut bien se rendre à l’évidence : le temps passe. Autrefois, je partais du principe que je pouvais faire un semi quasiment tous les 15 jours, sans vraiment de problème de récupération.

Aujourd’hui, il me faut un peu plus de temps pour récupérer. Et surtout j’ai fini par comprendre que courir trop n’a pas tellement de sens  en terme de performance. En 2015, je me souviens avoir participé à deux 10 km à trois semaines d’écart. Et que croyez-vous qu’il arriva ? Et bien j’ai fait à peu près le même chrono.

Tout cela pour dire que je me suis un peu calmé par rapport à l’époque où je faisais 10 ou 12 courses par an.

Ceci dit, un truc que taraude toujours : le fameux chrono sur semi. J’ai réussi à taper presque tous mes records, mais bizarrement, celui-là je n’y arrive pas alors que je l’ai dans les jambes. Mais rien à faire, j’ai complètement échoué à Rouen, je n’étais pas dans de bonnes conditions à Lens… c’est probablement de la faute aux marathons, qui après-coup occasionnent trop de fatigue, et aussi au manque de semi organisés pas trop loin de chez moi. Mais c’est toujours dans l’idée de réussir quelque chose que j’ai décidé cette année de m’inscrire au semi de Troyes, misant sur le fait que j’aurais suffisamment de restes de ma prépa marathon à exploiter et que j’aurais eu le temps de récupérer dudit marathon (un mois et demi auparavant). Un record était cependant illusoire.

Et puis aussi, je dois le reconnaître, car mon père m’avait dit que c’était une très jolie ville et que je suis toujours preneur d’une escapade romantico-touristique et sportive.

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Bon, en ce qui concerne le premier aspect, c’est très réussi : cette ville est absolument charmante et très bien mise en valeur. Le quartier du Bouchon (qui est le quartier historique, nommé ainsi en raison de sa forme de bouchon (de champagne, évidemment)) est très bien préservé, on a un grand plaisir à se promener dans ces rues anciennes, et ses nombreuses façade à pans de bois (on ne dit pas « colombage », ici, mais « pan de bois »). Le Centre-ville est accueillant. Il y a tout ce qu’il faut : musées resto, office du tourisme. C’est tellement charmant par beau temps, qu’on a envie de rester vivre là !

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Et cerise sur le Macdo : il y a l’ESTAC, un club de ligue 1, qui justement, jouait ce week-end-là contre Lens ! Autant dire qu’on n’a pas raté l’ambiance bon enfant du Stade l’Aube.

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Bon, sinon, et la course, elle est comment ? C’est une boucle de 7 km à faire 3 fois, à peu près plate. Environ 1000 participants. On ne passe pas vraiment dans le bouchon, on le contourne plutôt. Le paysage n’est donc pas exceptionnel, mais jamais déplaisant non plus. Il y a quelques parties un peu ombragées (ce qui n’était pas de refus étant donnée la météo).

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Sur la ligne de départ, bien conscient que je n’avais pas totalement récupéré du Marathon de Paris (et plus globalement que je n’avais pas vraiment préparé cette course), je m’étais fixé comme objectif de faire aussi bien qu’à Rouen ou Rueil Malmaison, c’est-à-dire juste un peu moins bien que mes records. Le départ de la course s’effectue sur des routes très larges, ce qui permet de ne pas perdre bêtement de temps à piétiner derrière des coureurs plus lents. Je pars prudemment, un tout petit peu moins vite que le rythme que je voulais que je vais… tenir jusqu’au bout sans tellement de problème, et même accélérer puisque j’aurais fait chaque boucle plus vite que la précédente. 

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Résultat : même chrono qu’à Rueil et Rouen. En l’état actuel de ma forme, je ne crois pas que j’aurais pu faire mieux. J’ai été à fond de bout en bout. Me faire atrocement mal pour gagner 30 secondes et rester dans la même minute n’aurait pas eu de sens. C’est un tout petit peu frustrant car le record reste toujours là, à portée de main, mais je sais que justement, il est à portée de main et qu’on le travaillant et en prenant le départ frais, je devrait bien finir par y arriver.

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J’ai pris beaucoup de plaisir en ce dimanche champenois ensoleillé. Faire une bonne course quand ce n’était pas un objectif est toujours rassurant. Et profiter de la vie, partir en week-end, c’est la meilleure des récups !

1 juin 2022

Marathon de Paris, 3 avril 2022

Après mon féérique marathon de Paris d’octobre 2021, une fois revenu sur terre, je me suis assez vite dit que ce serait difficile de faire mieux voire aussi bien. Enorme charge de travail estivale, jour de grâce où on marche sur l’eau : réunir à nouveau les conditions d’un nouvel exploit paraît peu probable. Donc quel défi pour 2022 ?

Ayant déjà battu mes records des 10, 15 et marathon, reste le semi. Mais en région parisienne, je ne trouve pas qu’il y ait une offre de semi particulièrement fournie. Je laisse de côté le semi-marathon de Paris désormais hors de prix et qui manifestement n’est plus fait pour des gens comme moi, depuis la disparition du semi de Vincennes, plus grand-chose à me mettre sous la dent. Donc ça ne peut pas être un défi principal. Alors quoi ?

Ma première idée était de m’attaquer à l’éco Trail de Paris. J’ai toujours trouvé amusante l’idée d’arriver en haut de la Tour Eiffel (malgré au bout de 80 km), et en plus ce serait l’occasion de découvrir le trail. Mais voilà, cette année il me semble que l’arrivée n’est plus à la Tour Eiffel (c’est pas clair leur comm’) et puis surtout le COVID et le passe vaccinal, ainsi que la nécessité de préparer ça en hiver (vive les sorties de 3h par 4 degrés…), je me suis donc dit que ce serait pour une autre fois.

Donc sans idée de nouveau défi en particulier, l’idée me vient de courir, peut-être pour la dernière fois, un marathon avec mon père. Et pour que ce soit plus facile à organiser, autant faire celui  à côté de chez soi : Paris. C’est plus cool pour moi en terme de préparation, et puis c’est sympa de remettre ça tous les deux. On devait faire la Route du Louvre en 2020, mais voilà, on sait tous ce qui s’est passé en 2020.

Donc nous voilà inscrits.

Comme je suis un peu prévoyant et que je pressens ce qui va se passer, je débute une préparation (la même qu’en octobre) comme si j’allais courir seul, au cas où ce devrait être le cas. Et j’ai vite compris que j’avais eu raison d’être méfiant, car après avoir soigné une tendinite, mon père, tête de mule de compétition, a chopé le COVID, contre lequel, avec son esprit de contradiction légendaire, il a refusé de se faire vacciner sans autre argument que « j’ai pas envie ». Résultat : 4 semaines au lit en février, terrassé par la fatigue. C’est bien fait pour lui, mais impossible de préparer une telle épreuve dans ces conditions. Le sort en est donc jeté : je ferai donc ce marathon tout seul. Exactement ce que je ne voulais pas !

Alors on pourrait me dire ? Ben tu t’en fous, tu fais ce marathon comme tu peux, cool, après-tout c’est juste une course.

Mais en fait le marathon ça se respecte, ça se court au max de ses possibilités ou rien. Un marathon c’est un monument, ça ne se transforme pas en sortie longue. Comme on dit en foot, il faut respecter l’institution (et l’important c’est les trois points).

Du coup pendant les 12 première semaines de 2022, j’ai remis ça. Sorties longues, fractionnés longs, fractionnés courts. Pas facile quand on a déjà tout donné quelques semaines avant, et pendant les venteuses et froides après-midi d’hiver, où on a juste envie de rester chez soi au chaud.

J’ai vécu cette prépa comme une contrainte au final. Préparer et courir un marathon d’une manière que je n’ai pas réellement choisie, avec la petite pression de devoir confirmer la perf’ précédente. Pas d’exploit à conquérir, mais un statut à défendre.

A la veille de la course, j’ai autant de jours d’entrainement que la fois précédente, mais avec moins de kilomètres (la faute à des sorties écourtées à cause du froid), mais avec la même VO2max et globalement une forme approchante. Selon les données, je devrais être bien. Selon mes ressentis… je n’en sais trop rien. D’autant que quelque part au fond de moi… j’ai pas envie. C’est long un marathon, c’est dur, c’est fatigant, longtemps après, même, c’est fatigant. Je n’avais pas prévu dans ma tête de faire un effort aussi éprouvant, nécessitant une telle préparation.

Le mercredi qui précède, pour ma dernière sortie, je me fais (bien évidemment) mal quelque part, en l’occurrence au pied droit. Mais cette fois je n’ai pas paniqué. Ça m’est arrivé tellement de fois la « douleur inquiétante » juste avant la course ! Presque à chaque fois, en fait. On m’a expliqué qu’en fait c’est normal, d’ailleurs. Comme avant la course on lève le pied, le corps a du mal à comprendre, du coup il râle. Donc là repos et on y va cool jusqu’à la ligne de départ.

L’avantage de courir un marathon avec peu d’enthousiasme, c’est que ça  élimine pas mal de stress. Bien que ma prépa ait été sérieuse même si un peu perturbée, je me sens un peu protégé par le fait que cette course n’est pas réellement un objectif (et aussi par mon beau chrono réalisé quelques mois avant). L’inconvénient c’est qu’en termes d’émotions, c’est plus faible aussi.

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C’est donc avant tout avec sérieux que je me présente sur les Champs-Elysées, relativement décontracté. Il faut très beau mais froid : c’est rare que j’aie deux couches de vêtements. Certes la température va monter (un peu), mais il fait 4°c. C’est probablement la plus basse température que j’ai connue pour un départ de marathon. Mon amoureuse est venue avec moi et va tenter de faire un peu la reporter/supportrice à certains points de la course. Une fois n’est pas coutume je suis sur le côté gauche de l’Avenue. Anne Hidalgo, qui s’est pas encore officiellement couverte de ridicule à la présidentielle, donne le coup de pistolet . Cette année le départ est très fluide, ça va relativement vite.

Et c’est parti je m’élance. C’est agréable, et je vois tout de suite que je suis dans l’allure. Je me fais doubler dans le 1er kilomètre par la moto de France 2 (d’ailleurs on m’aperçois brièvement de dos dans le direct) et surtout je passe devant ma chérie sans la voir. Le parcours est beau et par ce temps on peut profiter à fond de la visite touristique.

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Quand on est bien dans son allure, pas blessé et pas inquiet, au fond il n’y a pas grand-chose à raconter. Parti sur des bases voisines de celles de mon ’’exploit’’ d’octobre, j’avance bien. Concorde, Vendôme, Opéra, Louvre, Bastille… c’est beau Paris. Un jour un vieux briscard auto-satisfait de ses dizaines de marathons m’avait dit « Paris ? Parcours bof… ». Bon et bien s’il préfère courir tout seul dans la pampa, traverser des ZAC et se changer dans un gymnase, tant mieux pour lui. Pour certains, Paris, c’est jamais bien, de toute façon, parce que c’est Paris. Si Flaubert était encore là pour mettre à jour son dictionnaire des idées reçues, il dirait : Paris, en dire du mal en toute circonstance. Parler de la circulation.

On franchit ensuite les limites de la ville. Au Château de Vincennes, c’est toujours une petite émotions car j’y ait passé beaucoup de temps (notamment à courir autour !). On a fait ¼ de la course et pour le moment tout va comme sur des roulettes. Je fais une course sérieuse, méthodique. Très concentré. A un moment on passe devant une animation musicale (il y en a très régulièrement sur le parcours) : des gens qui jouent du corps de chasse ! C’est tellement décalé. Ils sont là depuis toujours (autrefois on les voyais plutôt vers la fin du parcours). A chaque fois ça me fait marrer.

A la sortie du Bois de Vincennes, à Charenton, je repense, comme toujours, à mon marathon 2005 où j’ai dû m’arrêter de très nombreuses minutes, la cuisse rigidifiée par un problème musculaire qui transformera ma course en odyssée de 5 heures…

Direction Paris à nouveau par la porte de Charenton, justement où on va passer au 20e kilomètre. Je fais de grands signe à ma compagne qui, ayant commis l’erreur stratégique de se poster sur le côté de la route où le soleil est dans les yeux, a failli me louper à son tour. 

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Vous n’avez pas vu passer les 20 kilomètres en me lisant ? Ben moi non plus en fait. J’avance régulièrement et concentré, tout de même un peu surpris de courir presque aussi vite que la fois précédente, même si je pressens toutefois que j’aurai un peu plus de mal sur la fin.

Les voies sur berge. Ce n’est pas encore là que c’est dur, on est dans l’entre-deux. J’aime bien cette partie-là. La route est plus étroite mais comme le peloton est très étiré ça ne pose pas de problème (l’avantage de partir dans des sas rapides…). Ça roule toujours. Je bois, je m’alimente. Ça commence à tirer un peu mais je n’ai quasiment pas ralenti et je peux espérer un très bon chrono.

Car je n’ai pas encore parlé chrono. Au fond, c’est quoi mon objectif ? Faire et même aussi bien qu’en octobre n’est pas réaliste. J’étais préparé de ouf, et c’était un jour où je marchais sur l’eau. Donc ce que j’aimerais c’est battre une seconde fois, même de manière moindre, mon fameux record de 2006. Pour confirmer qu’octobre n(‘était pas une anomalie et que j’ai réellement progressé et que ce genre de perf est durable. Et sur les voies sur berges, je commence à me dire que c’est bien parti.

Comme l’an passé, les organisateurs ont eu la benne idée de placer un batucada juste à l’entrée du Tunnel de l’Alma, le plus long, de telle manière que le son se propage tout le long du tunnel. Toujours cette impression de courir à l’intérieur d’un orage, d’accompagner le tonnerre. Très chouette. Je n’ai jamais compris les coureurs qui se plaignent de ce tunnel, soit-disant que c’est long, qu’il fait chaud, et gnagnagna. Je peux comprendre que les sorties de tunnel fassent un peu mal aux pattes (et encore, les coups de cul doivent faire 100 m…), mais bon, pas de quoi râler.

A partir du 30e, vers le Trocadéro, ça commence à tirer plus fort sur les muscles. J’ai un tout petit peu ralenti mais je maîtrise en occupant mon esprit à faire du calcul mental. Des calculs d’allure pour se rassurer. J’ai tant de minutes d’avance, je peux assurer tel chrono même si je perds tant de secondes par kilomètre. Et j’avance, j’avance. Même si ce n’est pas le plus joli, le passage dans le 16e arrondissement n’est pas désagréable en soi. C’est juste qu’on commence à en avoir plein les pattes. Je ne sais pas comment font les autres, mais une fois passé le 32e, moi j’aime bien la technique mentale du « plus que 10 km, plus que 9 km, plus que 8 km ». Je comprends que ça puisse casser le moral de dire qu’il reste encore 10, 9, 8, 7 km etc., mais comme ce sont des distances correspondant à de petits entrainement, des distances qu’on fait tout le temps, moi ça me rassure, je sais que je peux les faire. Car sur marathon, le but premier c’est toujours de terminer. Je dirais même qu’à partir du moment où on a terminé, le chrono est presque anecdotique (j’ai dit « presque », hein ?!). Vers le 34e il y a une montée qui fait bien mal aux pattes. La fois précédente, au pied de la côte, j’avais doublé Claude, de Koh Lanta, et j’étais tellement frais qu’on avait fait un selfie. Je me souviens que j’étais quasiment pas fatigué. Cette année, pas de célébrité ni de photo. Je ne suis pas épuisé mais cependant nettement moins fringant. Je ne vais pas beaucoup moins vite, certes, mais je dois m’accrocher et rester toujours aussi vigilant à boire et manger.

Le Bois de Vincennes, qui commence par un petit secteur pavé que j’ai en horreur, puis le parcours de la Solirun et la grande ligne droite qui nous ramène vers Paris.

A titre personnel, je joue avec ma propre psychologie du début à la fin. Mais je déteste ce lieu commun qui dit « tout est dans la tête », car non, tout n’est pas dans la tête, tout est dans l’entrainement. La tête ça sert à ne pas lâcher quand on est épuisé voire à trouver une dernière ressource pour un dernier effort, et c’est un élément important. Mais le sport c’est un tout dont le « mental » n’est qu’une composante. Tu as beau avoir un moral d’acier, si t’as pas fait ce qu’il faut pour avoir les jambes au 36e, ça ne t’aidera pas beaucoup à avancer.

39e kilomètre, la fondation Vuitton que j’ai (enfin) visité récemment le jour de mon anniversaire. Car oui, j’ai 45 ans et ça commence à faire très très vieux. Je n’arrive absolument pas à réaliser que j’ai cet âge-là, car je crois toujours instinctivement en avoir 12 ou 15 de moins. Courir à cette allure-là, plus vite que quand j’en avais 25, n’est pas une cure de jouvence, car ça n’existe pas. En revanche ça console un peu.

Après la Fondation, le temps commence vraiment à être long et j’ai hâte que ça se termine. Sur les trois derniers kilomètres, là je ne compte plus les bornes mais les centaines de mètres. C’est l’équivalent de mon tour du Jardin des Plante, pas le droit de flancher.

Le parcours de ce marathon est ainsi fait qu’on est dans les bois, et qu’au détour d’un virage, vla t’y pas qu’on est avenue Foche ! Oui, la ligne d’arrivée ! Elle est là, je la vois. Ça a beau être la 13e fois, à chaque fois ça me surprend !

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Là c’est un petit moment, comment dire ? Je ne dirais pas de grâce car on est épuisé et transpirant, mais en tout cas d’euphorie. Un autre truc qui m’étonne toujours lors d’un marathon, c’est de le finir. Ce n’est pas un truc normal de courir 42 bornes. Je crois que j’en serai toujours étonné. J’accélère, ça donne des ailes ( et encore une fois je rate ma chérie sur le côté droit, que pourtant j’avais cherché du regard) ! Je passe la ligne avec la sensation d’être seul (alors qu’on est franchement nombreux !). Ça y est, c’est fini. Je confirme le chrono : oui, objectif atteint, 2e meilleur chrono de toute ma vie. Je me suis prouvé que je pouvais le refaire, et aussi que les années ne m’avaient pas encore tout à fait mis en ruine.

Il y a toujours ce moment où j’e n’ai pas envie de quitter la ligne d’arrivée. La course est finie, c’est à la fois un soulagement et un petit tristesse car on ne sait plus trop quoi faire des flots d’hormones euphorisantes qui se sont déversées et se déversent encore dans notre corps. Je prends mon temps pour remonter la zone d’arrivée. Ravito, t-shirt, médaille, poncho…

Au même endroit que la fois précédente je retrouve enfin mon amoureuse (cette fois je ne la rate pas !), qui m’a fait la surprise de faire en sorte que Véro, ma meilleure amie, et son compagne Karim (que je rencontre pour la première fois) soient là. Un aventurier tristement célèbre disait que le bonheur n’est vrai que s’il est partagé, et il avait bien raison.

Mes jambes se sont rigidifiées comme d’hab’ (je n’ai toujours rien trouvé pour remédier à ça, et surtout je ne comprends pas pourquoi parfois ça ne se produit pas) et regagner le métro est un peu douloureux, à tel point que Karim doit m’aider à descendre les escaliers comme si j’étais un très vieux monsieur (c’est-à-dire, donc, un peu plus vieux que je ne le suis déjà !). 

Ce 13e marathon de Paris, couru concentré et seul, aura, hormis sur la fin, manqué un peu d’émotions. Mais il m’aura aussi montré que je suis capable non seulement de résister au poids des ans mais aussi de réaliser et confirmer encore de bons chronos. Bref j’ai été sérieux et j’en suis très content.

 

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