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Tous les ans, je m'inscris au Marathon de Paris. Parce que c'est beau, festif, parce que j'aime cette course. Et surtout parce que c'est à côté et que je n'ai rien d'autre à dépenser.

Mais fin 2017 j'ai aussi remarqué qu'en 2018 mon anniversaire aller tomber un dimanche : le rapprochement se fait instantanément dans ma tête : le dimanche, c'est jour de marathon ! Quoi de mieux pour fêter (ou oublier) le temps qui passe que de participer à une course ce jour là ? Bon, il y a quoi le 18 mars ? Marseille ? Bon, allez bingo !, c'est parti,  je fêterai mon anniversaire là-bas. En plus ça tombe bien, j'ai toujours voulu y aller.

Sauf que bon, il y a quand même un souci : ça tombe 3 semaines avant Paris. Donc soit je laisse tomber Paris (et je m'assois sur les 80 € d'inscription), soit je fais les 2. Et oui, 2 marathons en 3 semaines ! Déjà en 2016, deux marathons en 2 mois, ça m'avait semblé un peu trop, alors là… Mais bon, n'est-ce pas non plus un super défi ? Allez je fonce, on verra bien, après tout, le second marathon, je pourrai bien le faire en marchant, l'essentiel sera de réussir le 1er et de finir le 2nd.

Je commence donc à préparer ce double événement en ayant plutôt en tête de les faire en moins de 4h tous les deux, avec un très bon temps sur le 1er. C'est un peu inconscient mais bon, qui vit sans folie n'est pas si sage qu'il croit, comme dirait l'Autre.

Je passe sur les sempiternels soucis de préparation hivernaux (le froid, la crève, la fatigue du boulot). Je mentionnerais juste l'apparition de la "malédiction du mardi" : avant le marathon de Rennes, une douleur m'était apparue sous la cuisse le mardi avant la course. Et bien là, avant Marseille, devinez quoi ? La même douleur, au même endroit ! Donc kinées, etc… la douleur persistera jusqu'à la veille de la course avant de s'envoler comme par magie (ou bien grâce aux anti-inflammatoire ?) le matin même. 

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Pour ces deux jours dans la "cité Phocéenne" comme disent les journalistes sans imagination, c'est ma moitié qui m'accompagne, pour une fois. C'est donc aussi un petit peu une escapade d'agrément et un voyage culinaire :-)

Arrivés le vendredi soir, on loge près du Vieux Port (et donc des navettes pour le départ). Il fait un temps magnifique, une quinzaine de degré alors que tout le reste de la France a froid sous la neige ! On visite un peu la ville après le retrait des dossards (le T-shirt est plein de pub, importable), 

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notamment le très charmant quartier de Panier. C'est agréable malgré ma cuisse raide qui m'inquiète. 

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Le lendemain, après un réveil et un petit déj trop matinaux (5 heures du mat', c'est inhumain !), il faut prendre une navette pour Les Goudes, village de la périphérie de Marseille en bord de mer. Il fait beau mais il y a pas mal de vent. Des cars sont à la queue leu leu sur le Vieux Port. Une fois monté dedans, je me trouve assis à côté d'un homme pas tout jeune qui m'avouera dans la conversation faire environ 30 marathons par an. J'ai l'air minable avec mes 2 en 3 semaines ! 

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Arrivés aux Goudes, il faut un peu tuer le temps et il fait très froid. Mais finalement ça passe assez vite et on part sous un beau ciel bleu et une pâle lumière d'automne. Le long de la côte, la route est légèrement bosselée mais je pars plutôt vite avec mon sac plastique toujours sur moi pour me protéger du vent froid. Je ne l'enlèverai que vers le 10e kilomètre (j'ai même croisé un anglais qui l'autre gardé au moins jusqu'au 30e !). Je me sens vite bien, je n'ai mal nulle part et je garde une allure proche de mes meilleures perfs. Le parcours n'est pas vraiment beau mais pas moche non plus jusqu'à Marseille, où nous allons beaucoup tournicoter autour et dans le parc Borély (dont j'ai tant entendu parler dans Pagnol, puisque c'est là que la tante Rose rencontre l'oncle Jules). J'avoue que le parcours (fait 2 fois) à cet endroit-là est tellement alambiqué que pour la première fois de ma vie dans une course j'ai eu peur de me perdre !! D'autant plus que, fait incroyable, le kilométrage n'est indiqué que tous les 5 km !! Un comble pour une épreuve si importante organisée par ASO ! Et le 32e kilomètre était signalé au 34e ! Si bien que j'ai dû demander à d'autre coureurs où ils en étaient avec leur montre GPS car j'avais peur que ce soit la mienne qui s'était trompée !

 Le meilleur moment de la course c'est le (court) passage au cœur la ville et sur la Cannebière. C'est pas tous les jours qu'on court là ! Malheureusement, et à ma grande surprise, le public est très absent. Je pensais naïvement que les marseillais, réputés chaleureux, seraient venus nous encourager, mais franchement pas grand monde à part évidemment les familles des coureurs. 

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On court un peu dans l'indifférence générale. On passe aussi devant le Stade Vélodrome, défiguré par un naming...

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La fin de course ne se passe pas trop mal. Avec le mal aux jambes j'ai un tout petit peu ralenti mais pas tant que ça. Le second passage sur la côte de la Corniche est un peu dur à avaler car à ce moment-là on en a plein les pattes. Je surveille le chrono et je vois que je ne battrai pas de record, mais que par contre mon chrono sera très bien quand même. Je ne me crève donc pas la caisse à accélérer au risque de me payer des crampes dans les 4 derniers km. Ensuite descente sur Marseille une seconde fois, on longe le Vieux Port vers l'arrivée où il y a un peu de monde, dont ma chérie noyée dans la masse, que je ne pourrai pas apercevoir, à mon grand regret. Je franchis la ligne content de ma course, content d'avoir célébré mon anniversaire (et mon vieillissement) de cette façon. Et rien de tel que des fruits de mer chez Toinou pour fêter ça !  ;-)

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 Maintenant rendez-vous avec moi-même (et 50 000 autres) sur les Champs dans 3 semaines !

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